Areva attaqué en justice pour installations industrielles illégales

Areva
© DR L’Usine Nouvelle

 

L’association Sources et rivières du Limousin résiste. Elle vient à nouveau de porter plainte contre le groupe nucléaire Areva.

Une semaine après le dépôt de la première plainte, l’association remet le couvert. Cette fois-ci, elle ne dénonce pas les boues radioactives que le groupe stockerait sur le site de Compreignac. Mais elle estime qu’Areva utiliserait des installations industrielles illégales en Limousin.

Elle dénombre trois délits d’exploitation sans autorisation d’activités industrielles dangereuses pour l’environnement et la santé sur le site de Bessines. L’association évoque des rapports effectués entre 2007 et 2009 par l’inspection des installations classées qui ont révélé la présence de trois installations inconnues des services de l’Etat. Il s’agirait d’une « carothèque, d’un parc grillagé et d’un hangar abritant des déchets métalliques et technologiques contaminés« . Des installations qui selon l’association sont soumises à autorisation industrielle.

Ce dépôt de plainte coïncide avec la visite de la présidente d’Areva, Anne Lauvergeon, sur ce site. Elle vient en effet poser la première pierre d’un laboratoire qui sera chargé de produire du plomb 212 utilisé dans la recherche contre le cancer.



La « forme » d’un électron est une clé pour de la nouvelle physique

L’électron est-il une particule véritablement ponctuelle ? Ou possède-t-il une distribution de charges étendue à l’instar du proton ? Des chercheurs de l’Imperial College London ont posé une nouvelle borne pour sa « forme », mais ils ont surtout et plus exactement, contraint la présence d’une nouvelle physique, en mesurant le moment dipolaire d’un électron avec des molécules froides.

 

C’est en 1897 que la découverte de l’électron a été faite par Joseph John Thomson. On peut voir là le début de la physique des particules élémentaires. La question de la taille et de la structure de cette particule s’est ensuite rapidement posée. On connaissait déjà, à cette époque, les équations de Maxwell du champ électromagnétique mais elles n’utilisaient que des distributions continues de charges et de courants. Ce sont des théoriciens comme Lorentz et Poincaré qui vont compléter la théorie des phénomènes électromagnétiques en développant ce que l’on appelait alors la théorie des électrons.

 

Or, pour rendre compte de la façon dont un électron perd de l’énergie cinétique sous forme de rayonnement lorsqu’il est accéléré, il était nécessaire de supposer que celui-ci possédait une certaine extension spatiale avec un rayon non nul que l’on pouvait estimer à partir de diverses considérations. On pouvait, par exemple, se représenter un électron comme une bulle uniformément chargée. Soumis à une accélération, l’électron exerçait alors une force sur ses parties constituantes, freinant son mouvement et dissipant son énergie cinétique sous forme de lumière.

 

Une origine électromagnétique pour la masse des particules ?

 

Toutefois, cette image classique d’un électron présentait plusieurs défauts quand on cherchait à la préciser. Ainsi, du fait de la répulsion électrostatique de ses parties, un électron devait avoir tendance à exploser, à moins que des contraintes issues de nouvelles forces ne garantissent la cohésion de l’électron comme Poincaré l’avait montré. Remarquablement toutefois, cette auto-interaction de l’électron et l’apparition d’une sorte de force de frottement résultante s’opposant à son mouvement pouvaient permettre de rendre compte de son inertie, c’est-à-dire de sa masse.

 

Les choses se gâtèrent lorsque l’on chercha à bâtir une théorie quantique de l’électron et du champ électromagnétique. Si la masse d’un électron pouvait être expliquée et associée à un rayon non nul de sa distribution de charge en physique classique, en théorie quantique, le rayon se devait d’être nul, générant une masse infinie. Cette divergence infinie de la masse d’un électron en électrodynamique quantique fut partiellement mise sous contrôle avec la théorie de la renormalisation introduite par Schwinger et Feynman.

 

Si l’électron y était toujours bien considéré comme ponctuel, les effets de créations de paires de particules-antiparticules et l’auto-interaction persistante de l’électron avec lui-même, émettant et absorbant ses propres photons, généraient tout de même une modification de sa masse. Pour les mêmes raisons, il apparaît aussi des termes de moments magnétique (en QED) et dipolaire (dans le cadre du modèle électrofaible), analogues à ceux d’une petite sphère uniformément chargée en rotation dans les équations.

 

Le mathématicien et physicien Henri Poincaré (29 avril 1854 à Nancy, France - 17 juillet 1912 à Paris). La
Le mathématicien et physicien Henri Poincaré (29 avril 1854 à Nancy, France – 17 juillet 1912 à Paris). © Henri Manuel

 

Du point de vue expérimental cependant, si l’on pouvait mesurer le moment magnétique de l’électron, son moment dipolaire restait bien au-delà des mesures possibles et toutes les expériences avec des collisions montraient que l’électron semblait être une particule ponctuelle. Appliquées aux protons, les expériences de collisions et les analyses théoriques montrèrent aux cours des années 1950 et 1960 qu’il en était tout autrement. Les protons possédaient bel et bien un rayon avec une distribution de charge étendue. La clé pour décrire ces observations fut trouvée avec la théorie des quarks et la chromodynamique quantique, montrant que protons et neutrons n’étaient pas des particules vraiment élémentaires mais composées de quarks.

 

Les leptons sont-ils des bulles chargées vibrantes ?

 

Pourtant, lorsque l’on découvrit le cousin lourd de l’électron, le muon, puis un autre lepton plus lourd (le tauon), certains commencèrent à penser que l’électron n’était pas élémentaire ou ponctuel. Ainsi, le grand théoricien Paul Dirac, peu satisfait de la théorie de la renormalisation, avait-il ressuscité en 1962 la théorie classique de l’électron en considérant à nouveau une bulle uniformément chargée, capable de vibrer selon plusieurs modes.

 

L’énergie de la bulle dans ses divers modes devait correspondre à différentes masses pour un même objet. La masse la plus faible étant naturellement celle de l’électron. Dirac introduisit ensuite dans sa théorie les effets de la relativité générale et les équations qu’il a développées à cette époque sont au cœur de la théorie des membranes de la fameuse théorie M, généralisant la théorie des cordes.

 

Le physicien et prix Nobel Paul Adrien Maurice Dirac (8 août 1902 à Bristol, Angleterre - 20 octobre 1984 à Tallahassee, Floride, États-Unis).pt-loupe dans Sciences et Industrie
Le physicien et prix Nobel Paul Adrien Maurice Dirac (8 août 1902 à Bristol, Angleterre – 20 octobre 1984 à Tallahassee, Floride, États-Unis). © The Nobel Foundation

 

Toujours à partir des années 1950, on comprit aussi que dans le cadre de l’électrodynamique quantique, un moment dipolaire pour l’électron (mais aussi pour le proton et les leptons) était exclu à cause de deux symétries, la parité P et l’invariance par renversement du temps T. En raison du fameux théorème CPT, une violation de T ou P entraînerait une violation de la symétrie CP. De fait, la violation de la parité et celle de CP furent effectivement observées, contribuant à la découverte du modèle électrofaible. Dans ce cadre, le moment dipolaire de l’électron n’est pas nul mais extrêmement faible.

 

La chasse au moment dipolaire des particules

 

Cela veut dire, si l’on prend une image classique, que si l’on considère l’électron comme une bulle parfaitement sphérique en l’absence d’un champ électrique extérieur, celle-ci se déformera en s’allongeant et se comportera comme deux charges de signes opposés séparées par une distance non nulle.

 

Ce qui est intéressant, c’est que si l’on considère des extensions du modèle standard, par exemple avec de la supersymétrie, un moment dipolaire électrique beaucoup plus facilement mesurable peut apparaître. On dispose donc d’un moyen pour tester si de la nouvelle physique est à l’œuvre dans la théorie des électrons. Surtout, de la violation CP intervenant dans les tentatives d’explication de l’énigme de l’antimatière cosmologique, mesurer un tel moment dipolaire pourrait avoir d’intéressantes conséquences dans ce domaine.

 

Les physiciens de l’Imperial College London se sont rendu compte qu’il était possible de tester plus précisément la présence possible d’un moment dipolaire pour un électron à l’aide de molécules de fluorure d’ytterbium froides. Travaillant au Centre for Cold Matter les chercheurs ont d’abord produit des paquets de telles molécules refroidies à basses températures possédant deux états quantiques superposés pour des électrons de valence. Ces paquets ont ensuite pénétré dans une région où régnaient un champ magnétique et un champ électrique.

 

Les ondes de matière associées à ces molécules froides sont susceptibles de former des franges d’interférences à la sortie de cette région en fonction de l’intensité du champ magnétique. Toutefois, selon la valeur du moment dipolaire potentiel d’un électron, la présence ou l’absence du champ électrique va affecter ou non les franges d’interférences du dispositif avec un détecteur en sortie. L’absence de moment dipolaire signifie par exemple qu’aucune modification des franges n’est possible.

 

Les résultats de l’expérience ont été publiés dans Nature. Ils sont négatifs. Pour reprendre la comparaison donnée par les chercheurs, si l’électron était une bulle de la taille du Système solaire, son écart de sphéricité serait inférieur à l’épaisseur d’un cheveu. Ces travaux prolongent ceux réalisés depuis des dizaines d’années, cherchant à mesurer le moment dipolaire électrique des électrons, protons, neutrons et muons.



Assad décrète une amnistie générale en Syrie, annonce la TV

La Syrie est depuis la mi-mars le théâtre de troubles et de manifestations pour la démocratie violemment réprimées par le régime.

 

Selon la télévision syrienne, l’amnistie englobe tous les membres de mouvements politiques, y compris les Frères musulmans, interdits en Syrie. Bachar al assad assad décrète une amnistie générale en syrie, selon la télévision

© Reuters Assad décrète une amnistie générale en Syrie, annonce la TV dans International article_loupe_18x14 Le président syrien Bachar al Assad a décrété une amnistie générale, selon la télévision publique syrienne. /Photo d’archives/REUTERS/Khaled al-Hariri



François Fillon veut conserver le consensus français sur le nucléaire

Suite à la décision de l’Allemagne de mettre fin au nucléaire d’ici à 2022, le Premier ministre rappelle la volonté de la France de « ne pas mettre en cause le consensus qui prévaut depuis 30 ans » sur l’énergie nucléaire.

François Fillon a assuré à l’Assemblée Nationale le 31 mai que cette énergie fait la force du pays et demande aux députés de ne pas remettre en cause ce consensus. Selon lui, les arguments ayant conduit à une position commune en France sont toujours d’actualité. Il les énumère : indépendance énergétique, souci d’obtenir des coûts d’énergie compétitifs et lutte contre le réchauffement climatique.
« Le débat sur l’énergie est naturel et légitime et nous devons nous écouter les uns les autres pour ne pas mettre en cause de manière artificielle un consensus qui a fait la force de notre pays », a estimé le Premier ministre.

Il a souligné que l’Allemagne allait devoir faire face à des difficultés pour respecter les objectifs fixés en matière de lutte contre le réchauffement climatique. « L’Allemagne devra augmenter le recours au gaz, au charbon et à l’électricité », explique-t-il.

Le Premier ministre a expliqué que malgré tout, un effort important serait apporté au développement des énergies renouvelables en France, conformément au Grenelle de l’Environnement. « Nous avons pris l’engagement d’atteindre 23% d’énergies renouvelables en 2020, et nous tiendrons cet engagement », assure-t-il.  Un appel d’offres est notamment prévu dans les prochaines semaines pour la première tranche de 3 000 mégawatts en matière d’éolien en mer.

Son intervention fait écho à celle du ministre de l’Industrie, Eric Besson, dans une interview à Libération ce matin.



L’e-G8, un sommet à l’impact limité

Alors que le sommet du G8 s’est achevé vendredi soir à Deauville, les conclusions de l’e-G8, le sommet préparatoire consacré à Internet qui s’est déroulé mardi et mercredi à Paris ne sont pas encore connues – signe de la difficulté à établir un consensus entre les participants. Quel a été l’impact de ces deux jours de discussions, auxquelles participaient 1 500 personnalités, principalement des chefs d’entreprises Web et entièrement financés par des fonds privés ? Malgré la présence à Deauville d’une « délégation » de l’e-G8, la déclaration finale du G8 semble avoir finalement peu tenu compte des débats du sommet préparatoire.
Le G8 a bien adopté, jeudi, une déclaration intitulée « un nouvel élan pour la liberté et la démocratie » comprenant un chapitre sur Internet, mais focalisée sur des sujets peu présents à l’e-G8. Les huit pays les plus industrialisés y réaffirment le rôle moteur d’Internet à la fois dans le développement économique et dans la diffusion de la démocratie, et affirment s’être « entendus sur plusieurs principes fondamentaux, tels que la liberté, le respect de la vie privée et de la propriété intellectuelle, la gouvernance multi-acteurs, la cyber-sécurité et la protection contre la criminalité ». Un texte jugé déséquilibré par plusieurs associations, dont la Quadrature du Net, très critique sur la place accordée au secteur privé par l’e-G8.

 

PROTÉGER LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE

 

Dans le détail, la déclaration prévoit des engagements sur de nombreux points, dont certains n’étaient pas abordés à l’e-G8. Les Etats signataires s’engagent notamment à protéger la propriété intellectuelle par des « mesures fermes » ; à défendre la liberté d’expression et d’accès au réseau, la vie privée, et à lutter contre l’exploitation sexuelle de enfants et les menaces terroristes en ligne. Ils prévoient également de maintenir les principes « de la non-discrimination et de la concurrence équitable » en ligne, faisant allusion sans le nommer au principe de la neutralité du Net.

 

L’impact de l’e-G8 sur la déclaration finale du G8 semble mince. Si les participants aux débats avaient défendu, durant deux jours, le principe du maintien d’un environnement Web ouvert et laissant la place à une libre concurrence, les entrepreneurs demandaient également aux gouvernements de ne légiférer qu’avec précaution. Or, la déclaration finale invite les Etats à prendre des mesures législatives dans de nombreux domaines.

 

BLOCAGE DES ETATS-UNIS SUR LA FISCALITÉ

 

Certaines des propositions formulées durant le sommet – préférer les solutions techniques aux lois en matière de lutte contre la contrefaçon, par exemple – sont restées lettre morte. Cette dernière proposition avait pourtant été formulée par Eric Schmidt, le directeur exécutif de Google, qui faisait partie de la délégation qui s’est rendue à Deauville et a rencontré directement les chefs de gouvernemen.

 

En revanche, deux des trois points-clefs présentés par Nicolas Sarkozy dans son discours d’ouverture de l’e-G8 font bien partie de la déclaration finale du G8 : la défense du droit d’auteur et la protection de la vie privée – un sujet non abordé à l’e-G8, où la Commission nationale informatique et libertés n’était pas invitée.

 

Quant au troisième point défendu par Nicolas Sarkozy, le renforcement des contributions fiscales des entreprises Web dans les pays où elles vendent produits ou services, il est totalement absent de la déclaration de Deauville. En raison d’un désaccord avec les Etats-Unis, où sont situés les sièges sociaux de la majorité de ces entreprises ? En cas de blocage, les pays européens pourraient tenter de mettre cete question à l’agenda du G20, où le poids relatif des Etats-Unis est plus faible qu’au G8.

Laurent Checola et Damien Leloup



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