Le déficit de l’État s’établira à 95,7 milliards d’euros fin 2011

INFO LE FIGARO – Bercy a revu en hausse de 3,4 milliards d’euros le déficit de l’État pour la fin de l’année. Mais le déficit public reste stable à 5,7% du PIB.

Le déficit de l'État s'établira à 95,7 milliards d'euros fin 2011 dans 2012 coeur-

Le Parlement examine demain la loi de finances rectificative qui intègre le nouveau dispositif de soutien d’aide à la Grèce et les premières mesures du plan d’austérité présentées la semaine dernière par François Fillon. Première conséquence: selon nos informations, Bercy a revu en hausse de 3,4 milliards d’euros le déficit de l’État pour cette année. Il s’établira à 95,7 milliards d’euros fin 2011. Cette dégradation s’explique en grande partie par une baisse des prévisions de recettes d’impôt sur les sociétés par rapport à ce qui était prévu (3 milliards de moins). En cause: la dégradation de la conjoncture depuis le printemps. De son côté, la charge de la dette augmente de 1,4 milliard de plus, en raison du regain d’inflation observé en début d’année. Ces pertes pour l’État seront partiellement compensées par des économies supplémentaires à hauteur de 1,1 milliard: 500 millions d’économies sur les budgets des ministères et 600 millions de recettes fiscales découlant des premières mesures d’austérité prises par le gouvernement.

 

Pour autant, le déficit public -qui agrège les déficits de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales- reste, lui, identique aux prévisions, à savoir 5,7% du PIB en 2011. «Et c’est ce déficit public global qui compte pour les agences de notation» insiste-t-on à Bercy. Nul tour de passe-passe. Cette stabilité est d’abord due à de bonnes nouvelles côté Sécu. Grâce à la bonne tenue de l’emploi et des salaires en 2011, les cotisations sociales devraient être supérieures de plus d’un milliard à la prévision. En outre, «les dépenses des organismes parapublics progressent moins vite que prévu», ajoute l’entourage de Valérie Pécresse, la ministre du Budget.



L’épouse de Kadhafi et trois de ses enfants en Algérie

Le Point.fr

 

L’épouse du colonel Muammar Kadhafi et trois enfants de l’ex-chef de la révolution libyenne sont entrés lundi en territoire algérien, a annoncé le ministère algérien des Affaires étrangères. « L’épouse de Muammar El Gueddafi, Safia, sa fille Aïcha, ses fils Hannibal et Mohamed, accompagnés de leurs enfants sont entrés en Algérie à 8 h 45 (9 h 45 à Paris) par la frontière algéro-libyenne », a déclaré le ministère dans un communiqué diffusé par l’agence APS, sans fournir d’indication sur l’ancien homme fort libyen.

 

« Cette information a été portée à la connaissance du secrétaire général des Nations unies, du président du Conseil de sécurité et de Monsieur Mahmoud Jibril, président du conseil exécutif du Conseil national de transition libyen », a ajouté le ministère dans le communiqué. Cette information a été rendue publique alors qu’une source rebelle libyenne, relayée par l’agence égyptienne Mena, avait affirmé la semaine dernière qu’un convoi de Mercedes blindées était entré en territoire algérien. Les autorités algériennes avaient catégoriquement démenti.

 

Lundi matin, le ministère algérien des Affaires étrangères avait publié un premier communiqué dans lequel il annonçait qu’une rencontre avait eu lieu en marge de la Ligue arabe entre son ministre Mourad Medelci et Mahmoud Djibril, à la demande de ce dernier. Des canaux de communication existent déjà, était-il souligné dans le communiqué, entre les deux parties alors qu’Alger n’a pas encore reconnu le CNT. L’Algérie, qui affirme une position de « stricte neutralité » dans le conflit chez son voisin libyen, a été accusée par certains rebelles de soutenir le régime de Kadhafi.

 



La Fayette, inlassable champion de la liberté

Source : Le contrepoint

Cette conférence prononcée au Cercle Frédéric Bastiat le 24 mai 2008 souligne, dans le récit de la vie du marquis de La Fayette, l’importance de sa contribution au libéralisme et met en évidence le contraste entre la façon dont les Américains et les Français perçoivent son existence.

 

Par Jacques de Guenin
Article publié en collaboration avec l’Institut Coppet

 

La Fayette, inlassable champion de la liberté dans 2012 lafayettePendant la plus grande partie du vingtième siècle, disons depuis la guerre de 39-45, une culture d’inspiration jacobine, voire marxiste a imprégné le pouvoir, l’administration, l’université et même l’enseignement primaire et secondaire de notre pays. Un certain nombre de grands penseurs libéraux français comme Étienne de La Boetie, Destutt de Tracy, Jean-Baptiste Say, Frédéric Bastiat, Alexis de Tocqueville sont ainsi tombés peu à peu dans l’oubli. Ils y seraient encore si les États-Unis, eux, n’en avaient cultivé la mémoire. La multiplication des contacts universitaires entre la France et les USA depuis la dernière guerre a permis de les redécouvrir et de les rééditer.

 

D’autres grands libéraux ont gardé un certain lustre dans l’Histoire de France, mais pas parce qu’ils étaient libéraux : Turgot comme ministre des finances, Condorcet comme mathématicien, Benjamin Constant comme romancier, Guizot comme premier ministre. Mais là encore, c’est aux universitaires américains que l’on doit de se rappeler qu’ils ont été aussi de grands économistes, philosophes ou humanistes libéraux.

 

Dans cette constellation, La Fayette occupe une place à part, car il n’est jamais tombé dans l’oubli, à cause de ses performances militaires en Amérique et de son rôle politique en France pendant la révolution. Mais l’analogie avec ceux que je viens de mentionner est que seuls les historiens américains ont vu ce qu’il était réellement : un paladin inlassable des libertés individuelles, combat qu’il a poursuivi jusqu’à son dernier souffle, pour lequel il a exposé sa vie et sacrifié sa fortune.

 

Les historiens français, eux, ont plutôt vu en lui un idéaliste un peu velléitaire et vaniteux qui a laissé passer à plusieurs reprises l’occasion de prendre le pouvoir et d’instaurer la république.

 

L’objet de cet exposé est de montrer que ce sont les américains qui ont le mieux compris le personnage et que ce dernier est digne de figurer dans notre anthologie des grands acteurs libéraux. Je dis acteur, et non auteur, car il a certes beaucoup écrit, mais essentiellement des lettres et des mémoires. C’est par l’action et la parole, plus que par l’écriture qu’il s’est efforcé de promouvoir une société plus libre.

 

Gilbert Motier, marquis de La Fayette est né en 1757. Il a hérité du titre de marquis à l’age de deux ans, lorsque son père, un officier, a été tué au combat pendant la guerre de sept ans. Il a été élevé par sa mère et ses tantes au Château de Chavaniac, en Auvergne, dans une atmosphère de grande liberté. Il parcourait la campagne en compagnie des petits paysans du voisinage, il fortifiait son corps et il se forgeait à la fois un grand sens de la liberté, une grande connaissance de la nature… et une absence totale de préjugés de classe. Cette jeunesse n’est pas sans rappeler celle de notre grand Henri IV au Château de Pau.

 

Il perd sa mère à 13 ans (1770), son grand père quelques mois plus tard. Ce dernier lui laisse une immense fortune. Il étudie quelques années dans un collège parisien et fréquente brièvement la Cour. À 15 ans, il choisit le métier des armes et la formation des camps militaires de la Maison du Roi. Il se marie à 16 ans avec Adrienne de Noailles, elle-même issue d’une grande famille fortunée. C’est un mariage arrangé par le père d’Adrienne, mais il donnera lieu à un grand amour. Pour elle, ce fut un coup de foudre, suivi d’une passion qui durera toute la vie. Pour lui, ce fut au départ une affection qui n’empêcha pas de longues séparations et même quelques infidélités, mais qui se transforma au cours des ans en un amour de plus en plus fort, y compris au-delà de la mort d’Adrienne.

 

À peu près à la même époque, il est initié dans une loge maçonnique fréquentée par des nobles libéraux. Il y apprend à mettre en question les privilèges et les inégalités juridiques.

 

En garnison à Metz, il entend parler de la révolte des 13 colonies américaines de la couronne britannique, qui refusent de payer des taxes qu’elles n’ont pas votées. Elles se sont réunies en un congrès ; elles ont créé une « armée continentale » formée d’un millier de volontaires plus ou moins hétéroclites dont elles ont confié la direction à George Washington [15 juillet 1775]. En 1776, chacune des colonies s’est constituée en État, et s’est dotée d’une constitution. En juin, la Virginie a adopté une déclaration des droits, inspirée par la pensée de Locke. Le congrès suit cet exemple et charge 5 personnes dont Thomas Jefferson et Benjamin Franklin, de rédiger un projet de déclaration d’indépendance.

 

Deux des premiers paragraphes de cette déclaration sont devenus un classique de la pensée libérale :

« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté, et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés.

Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructrice de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. »

Le 4 juillet le congrès proclame l’indépendance des États-Unis.

 

Ces nouvelles enflamment le jeune La Fayette. Pendant ses permissions, il fera partager à sa jeune épouse son enthousiasme pour la liberté des peuples telle qu’elle est en train de se réaliser en Amérique. En 1776, il se met en congé illimité de son régiment, avec la complicité active de son général, le duc de Broglie, qui caressait l’idée d’être appelé lui-même un jour à la tête de l’armée des insurgés. Il rallie à la cause américaine une petite troupe de gentilshommes. En mars 1777 il achète un bâtiment, La Victoire, pour se rendre en Amérique avec sa troupe. Ce n’est donc pas seulement parce qu’il a envie de faire ses preuves sur un champ de bataille que La Fayette va se rendre en Amérique, mais pour aider cette démocratie naissante, qui le fascine, dans le seul domaine où il ait quelque formation, le domaine des armes, sachant que l’armée américaine est beaucoup moins expérimentée que l’armée britannique

 

Tout ça ne passe pas inaperçu du pouvoir. Or si Louis XVI voit d’un assez bon œil la révolte américaine, il ne tient pas à rompre le traité de paix avec l’Angleterre, signé quelques années plus tôt à l’issue de la guerre de 7 ans. Il mène une politique prudente vis-à-vis des insurgés américains et il se méfie de l’agitation incontrôlée de ce jeune noble. Il s’oppose donc à son départ. Mais La Fayette passe outre dans des conditions assez rocambolesques et embarque avec sa troupe dans le petit port espagnol de Pasajes.

 

Il lève l’ancre le 20 avril 1777. Il arrive avec sa petite troupe près de Charleston, le 15 juin. De là ils se rendent à dos de cheval à Philadelphie, le siège du congrès, qu’ils atteindront au bout d’un mois. Sur la route, il se familiarise avec les américains. Il en apprécie tout de suite les comportements chaleureux et dépourvus d’esprit de caste, mais il est négativement frappé par la découverte de l’esclavage, qui le choque profondément. Il combattra l’esclavage toute sa vie, notamment aux côtés de Condorcet et de l’abbé Grégoire dans la Société des amis des noirs, mais aussi dans d’autres circonstances que nous verrons plus loin.

 

Il arrive à Philadelphie le 27 juillet 1777, et rencontre un représentant du Congrès, qui reçoit assez mal la petite troupe, car le comportement d’autres volontaires français arrivés précédemment avait fini par agacer. Mais le Congrès avait été favorablement informé sur La Fayette par une lettre de Benjamin Franklin, qui était alors son représentant officiel en France, et il appréciait que la Fayette veuille assumer lui-même ses frais et ne demande pas de solde. Aussi nomme-t-il La Fayette major général, avec l’idée qu’il resterait à l’État-major de Washington comme aide de camp, mais n’aurait pas de commandement effectif. Il faut bien se souvenir qu’il avait alors seulement 20 ans.

 

Le 1er août, La Fayette rencontre Washington. La sympathie entre ce jeune homme de 20 ans et cet homme expérimenté de 45 ans est instantanée. Elle ne fera que se développer au cours du temps. Washington n’avait pas de fils et La Fayette n’avait pas de père. La Fayette devint, moralement sinon juridiquement, le fils adoptif de Washington, comme en témoigne leur correspondance et l’Histoire. Aux États-Unis, où il parait presque tous les ans un livre sur La Fayette, le dernier s’appelle « Adopted Son », avec pour sous titre « Washington, Lafayette, and the Friendship that saved the revolution ».

 

Début septembre, Philadelphie est menacée. Une armée anglaise descend du Canada, et la flotte britannique dépose des troupes dans la baie de Chesapeake. La décision est prise d’attaquer sans plus attendre les forces du général Cornwalis, qui se trouvent sur la ligne constituée par la rivière Brandywine, au Sud de Philadelphie. La Fayette demande à accompagner le général Sullivan, dont la division est la plus exposée, et se trouve bientôt menacée d’encerclement. Bien qu’il ne soit pas supposé participer aux combats, il rassemble avec une énergie hors du commun les hommes qui s’enfuient tous azimuts. Il s’expose avec une rare audace, mais une balle lui traverse la jambe. Il tombe de cheval, se fait remettre en selle, et continue à regrouper les soldats, jusqu’au moment où l’hémorragie devenant inquiétante, il doit être évacué. Il devra être hospitalisé plusieurs semaines.

 

À la tête d’une armée hétéroclite de 11 000 hommes, mal équipée, Washington ne peut empêcher l’évacuation de Philadelphie devant une armée anglaise professionnelle, plus nombreuse et mieux entraînée. Il rassemble ses troupes à Valley Forge, au Nord-Ouest de Philadelphie. L’hiver est rigoureux. On y manque à peu près de tout. Il faut se débrouiller pour survivre. Le major général La Fayette, dont les équipées de sa jeunesse en Auvergne avaient aguerri le caractère, va partager les dures épreuves de ses subordonnés. Il s’impose par sa sobriété, son mépris du confort, sa générosité, son enthousiasme pour la cause.

 

À la fin de l’hiver, cédant à une cabale de quelques généraux, le Congrès perd temporairement confiance en Washington et donne directement l’ordre à La Fayette de se rendre au Canada, à la tête d’une troupe de 2 500 hommes, et de reprendre le Canada. La Fayette informe George Washington et n’accepte sa mission qu’à condition de rester au moins nominalement sous ses ordres. Cet acte de loyauté renforce encore la confiance entre les deux hommes. Mais arrivé à Albany, il ne trouve guère qu’une troupe de 1 200 hommes mal équipés, mal armés, et il informe le Congrès qu’il lui est tout à fait impossible d’accomplir sa mission dans ces conditions. Ceci mérite d’être noté, car plusieurs fois dans sa vie La Fayette a essayé de persuader le gouvernement de Louis XVI de récupérer le Canada. Les historiens français ont tourné en dérision cette « obsession irréaliste ». Notons au moins que lui-même avait su trouver la mission irréaliste lorsqu’elle l’était vraiment. Washington le soutient. Le Congrès annule l’expédition. Par un acte de bravoure inimaginable, La Fayette profitera néanmoins d’un rassemblement de tribus indiennes près de la frontière canadienne, pour aller les voir avec seulement un trappeur et quelques officiers, et les rallier à la cause des insurgés.

 

Le 18 mai 1778, Washington envoie la Fayette entre les rivières Delaware et Schuylkill, au sud de Philadelphie, pour désorganiser les lignes ennemies. Il mène une guerre de harcèlement qui conduisit finalement les anglais à se retirer de Philadelphie.

 

Ses multiples actions d’éclat lui valent les félicitations du congrès.

 

Le 11 janvier 1779, il est envoyé en France avec une lettre de Washington à Benjamin Franklin, alors ambassadeur des États-Unis en France, pour contribuer à convaincre le Roi d’envoyer des navires et des hommes à ses nouveaux alliés. Il débarque à Brest le 6 février, jour anniversaire du traité que la France vient de signer avec les États-Unis. Le Roi lui donne une punition symbolique pour avoir désobéi à ses ordres, puis une affectation honorable dans l’armée. Mais La Fayette va surtout passer son temps à harceler les ministres pour les convaincre d’envoyer des ressources en Amérique afin de soutenir la révolution. Le Roi décide finalement d’envoyer 6000 hommes sous les ordres du général de Rochambeau et une flotte de guerre d’une trentaine de navires sous les ordres de l’Amiral de Grasse.

 

La Fayette repart pour l’Amérique le 9 mars 1780 afin de préparer l’accueil des forces françaises, sous les ordres de Washington.

 

Pendant que Rochambeau combat les anglais dans la région de New York, Washington envoie La Fayette défendre la Virginie, où Cornwallis avait renforcé ses positions. Il va de nouveau infliger des pertes aux Anglais avec des effectifs quatre fois plus faibles et plus volatils : au printemps, en effet beaucoup de volontaires devaient regagner leurs fermes pour effectuer les plantations. Il sacrifie encore une partie de sa fortune pour maintenir ses soldats sous ses ordres, et, joignant la prudence au courage, il fatigue Cornwallis en harcelant ses troupes par des marches forcées et des retours subits.

 

Pendant ce temps, l’Amiral de Grasse, qui avait jeté l’ancre dans la baie de Chesapeake avec de puissants renforts, coupait la retraite à lord Cornwallis du côté de la mer. Après avoir tenu en échec pendant plusieurs semaines toutes les forces britanniques, Lafayette opéra, le 13 septembre 1781, sa jonction avec Washington, qui amenait avec lui le corps de Rochambeau et une division américaine.

 

Il prit une part glorieuse à la bataille décisive de Yorktown, qui conduisit à la capitulation de Cornwallis.

 

Il est temps pour lui de retrouver sa famille. Officier américain, il demande au congrès l’autorisation de rentrer en France pour servir son roi. Il reçoit la médaille de Cincinnati et il est fait citoyen d’honneur des États-Unis [1]. Une frégate, l’Alliance, est mise à sa disposition. Après des adieux émouvants à Washington, il quitte Boston, sous les vivats, le 23 décembre 1781.

 

Une fois en France, il va garder un contact étroit avec les États-Unis : par la correspondance, en recevant chez lui des américains séjournant à Paris, par exemple Benjamin Franklin, et même en accomplissant diverses missions pour les deux gouvernements.

 

Avec sa femme, il achète deux plantations à Cayenne pour y faire travailler des esclaves noirs afin de les émanciper. Il tente d’intéresser Washington à la question de l’émancipation des noirs, et il l’invite à venir en France. Mais c’est ce dernier qui va l’inviter à venir. Arrivé le 4 août 1784 à New York, il sera à Mount Vernon quinze jours plus tard et il y passera 11 jours. Il ira ensuite voir quelques amis. Sur le trajet, ce ne sont que foules enthousiastes, banquets et fêtes. Il ne repartira en France qu’en décembre, après avoir revu Washington pour la dernière fois.

 

Nous en arrivons maintenant à ce qui fait la différence entre cet exposé et ce que l’on peut lire par ailleurs sur La Fayette sous la plume des historiens français. Eux décrivent de manière chronologique la succession d’événements variés qui ont jalonné sa vie, dans leur contexte spécifique. J’insiste au contraire sur le fil directeur qui reliait tous ces actes et sur leur motivation profonde.

 

Après 1781, La Fayette a continué à suivre avec un intérêt passionné l’évolution des institutions américaines et il a eu tout le loisir de se forger des idées sur ce que devraient être les institutions françaises. Il approfondissait ces sujets en les discutant avec quelques uns des esprits les plus brillants de son temps : Destutt de Tracy, Condorcet, La Rochefoucauld, Benjamin Constant, Germaine de Staël, Benjamin Franklin, Jefferson, Paine. Et tous ces gens-là le prenaient très au sérieux. On ne sait pas assez par exemple que Paine a dédié à La Fayette la seconde partie de son livre « Les droits de l’Homme » et Condorcet son essai sur l’influence de la Révolution Américaine sur l’Europe.

 

Les convictions de La Fayette

 

 Les Principes

  • L’égalité devant la loi
  • La suppression de l’esclavage
  • La suppression de la peine de mort
  • Le droit de propriété
  • La liberté d’expression, politique et religieuse
  • Le libre échange
  • L’économie des deniers publics

Les institutions

  • La nécessité d’une constitution
  • Le suffrage universel
  • La séparation des pouvoirs
  • Le bicaméralisme
  • La décentralisation
  • La simplification des lois (déjà!)

Nous avons là un parfait programme libéral, dont La Fayette va inlassablement promouvoir les éléments par ses écrits, ses discours et ses actes dans chacune des nombreuses fonctions qu’il occupera.

 

Dans le même esprit, il prendra parti pour les Irlandais contre les Anglais, les Polonais contre les Russes, les Grecs contre les Turcs, les Belges contre l’Autriche. Il encouragera les libéraux italiens, les constitutionnalistes espagnols, ainsi que Simon Bolivar, le libérateur de plusieurs États d’Amérique du Sud.

 

On se souvient que la situation financière du royaume était catastrophiques dans les années qui ont précédé la révolution. Calonne proposa au roi un plan de redressement remarquable qui mettait fin à nombre de privilèges exorbitants, et le persuada de créer une Assemblée de Notables dans l’espoir de faire entériner le plan. Cette Assemblée fut créée en 1787. La Fayette obtint d’en faire partie. Il y travailla beaucoup et attaqua sévèrement les injustices fiscales et la prévarication. Il se fit aussi l’apôtre d’une amélioration des droits de la défense en matière criminelle et de la suppression des inégalités qui frappaient les protestants et les juifs   Mais les privilégiés, trop nombreux dans l’Assemblée, mirent Calonne en minorité et Louis XVI dut se défaire de lui.

 

Lorsque l’Assemblée fut dissoute, La Fayette réclama avec insistance la convocation des États Généraux, qui finiront par être créés au début de 1789, puis par devenir une Assemblée Constituante, le 27 juin 1789. Il en sera nommé vice président le 13 juillet.  Il va jouer un rôle essentiel dans l’élaboration de la Déclaration des droits de l’homme, dont il va fournir la première ébauche. Je m’arrête un instant sur ce point, car peu d’historiens s’étendent sur cet apport. Or il est intéressant à plus d’un titre. Lorsqu’on compare la version finale élaborée en commission, avec le texte initial, on constate trois choses :

 

1°) Les idées de La Fayette ont presque toutes été reprises dans la version finale, quelquefois dans les mêmes termes.

 

2°) Dans quelques cas, la rédaction a été rendue plus précise, donc améliorée.

 

3°) Quelques articles, hélas, ont été altérés par des additions qui redonnent à l’État un pouvoir que la déclaration initiale cherchait précisément à éviter.

 

En voici un exemple :

 

Un des articles de La Fayette disait :

« L’exercice des droits naturels n’a de bornes que celles qui en assurent la jouissance aux autres membres de la société. »

Dans la déclaration finale, ce même article devient :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

Cette dernière phrase d’apparence innocente introduit le ver dans le fruit. Elle redonne à l’État le pouvoir exorbitant de définir les bornes de la liberté. Ceci n’a pas échappé à La Fayette, mais il n’y avait pas que des libéraux dans la commission établie par la Constituante pour préparer la Déclaration des droits.

 

La Fayette jouera aussi un rôle moteur dans l’abolition des privilèges, qui fut votée pendant la nuit du 4 août. Cependant, il n’assista pas aux débats, trop occupé qu’il était par le maintien d’un ordre fragile entre une populace déchaînée et le roi, auquel la constitution en préparation accordait le pouvoir exécutif. Autrement dit, dans cette phase de la révolution, une large majorité de l’Assemblée voulait faire de la France une monarchie constitutionnelle, ce qui correspondait tout à fait aux vues de La Fayette, mais la faction minoritaire qui allait plus tard s’imposer par la terreur excitait la foule contre la monarchie.

 

La Fayette avait été nommé Commandant de la garde nationale le lendemain de la prise de la Bastille. Sa popularité était alors très grande dans tous les milieux. Elle lui permit de gérer avec habileté un certain nombre de situations impossibles, dont la plus connue fut la fuite de la famille royale, rattrapée à Varennes en juin 1791. Le 5 juillet il fait voter le maintien de la royauté. Des émeutes suivront les jours suivants. La Fayette échappera à une tentative de meurtre.

 

Le 14 septembre, le roi prête serment de respecter la Constitution. La Fayette a obtenu la satisfaction de son troisième grand objectif après la Déclaration des droits de l’homme et l’abolition des privilèges: la séparation des pouvoirs.

 

L’Assemblée Constituante tient sa dernière séance le 30 septembre. La nouvelle assemblée, la Législative, se réunit le 1er Octobre. La majorité est de centre droit et de sentiment monarchiste. Mais elle va être constamment débordée par la gauche, dominée par les Jacobins.

 

Pendant ce temps, une concentration d’immigrés dans les évêchés rhénans fait craindre une attaque de la Prusse et de l’Autriche et alimente un courant belliciste à l’Assemblée. Le 14 décembre, le Roi est contraint de préparer le pays à la guerre et il décide de la formation de 3 armées. Celle de l’Est est affectée à La Fayette.

 

Le 25 décembre. La Fayette rejoint son poste à Metz et ne perd aucun temps pour mettre son armée en bon ordre de marche.

 

Le 20 avril 1792, la guerre est déclarée à l’Autriche et la Prusse.

 

Le 27 mai, l’Assemblée décrète la déportation des prêtres réfractaires. Louis XVI opposera son veto le 11 juin. Le 20 la foule envahit les Tuileries pour le contraindre à retirer son veto.

 

Le 28 juin, La Fayette fait un saut à Paris pour essayer de calmer le jeu. Il parle à l’Assemblée et au roi puis revient rejoindre son armée à Metz. Les jacobins lui reprochent d’avoir déserté.

 

Mais le 10 août la foule envahit les Tuileries. Le roi se réfugie à l’Assemblée. Il est suspendu de ses fonctions.

 

Le 14 août. Danton demande l’arrestation de La Fayette.

 

Le 17 août 1792 est créé le tribunal révolutionnaire de sinistre mémoire. La Fayette est relevé de ses fonctions et remplacé par Dumouriez. Il reçoit l’ordre de regagner Paris. Il ne lui reste plus qu’à choisir entre la guillotine et l’exil. Après avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour que son armée ne souffrit pas de son départ, il décide de rejoindre les États-Unis, avec l’idée d’y faire venir sa famille et il franchit innocemment la frontière Belge, alors sous domination autrichienne, avec quelques fidèles. Mais contrairement à leur attente, ils furent traités comme prisonniers de guerre. Séparé des autres, La Fayette fut ballotté entre différentes prisons prussiennes et Autrichiennes, pour finalement être incarcéré à Olmütz, en Autriche en mai 1794, dans des conditions particulièrement ignobles. Car pour l’empereur d’Autriche, qui ne faisait pas le détail, La Fayette avait été l’un des acteurs de la révolution. Il était donc indirectement responsable du régicide intervenu entre temps (21 janvier 1793).

 

Le tribunal révolutionnaire le dépouilla de tous ses biens, emprisonna et condamna à mort sa femme Adrienne, ainsi que la mère et la sœur de cette dernière, qui furent effectivement guillotinées. Si Adrienne survécut, c’est que des pressions américaines firent retarder son exécution et qu’elle fut sauvée par la chute de Robespierre.

 

Épouse admirable, Adrienne fit des pieds et des mains pour rejoindre son mari en captivité. Le 15 Octobre 1795, La Fayette malade, épuisé, eut la surprise de voir arriver dans son cachot sa femme et ses deux filles. Elles ne furent pas beaucoup mieux traitées par l’empereur d’Autriche et la santé d’Adrienne s’en ressentit définitivement. Ils ne seront libérés que le 19 septembre 1797, par Napoléon. C’était une des conditions imposées par le Directoire à l’armistice de Loeben, prélude au traité de Campo Formio. La captivité aura donc duré deux ans pour Adrienne et ses filles et cinq ans pour La Fayette.

 

Mais ni le Directoire, ni Napoléon ne tenaient à le voir revenir en France, craignant que son extraordinaire popularité n’engendre de nouveaux troubles, et les conditions de sa libération prévoyaient deux ans d’exil en Belgique. Il en reviendra avant plus ou moins clandestinement, et il s’installera dans un ancien Château ayant appartenu à sa femme, le château de La Grange, à l’est de Paris, qu’elle avait réussi à récupérer après de nombreuses démarches. Il y mena pendant plusieurs années une vie de fermier plutôt discrète, puis il retrouva quelque influence sur la scène politique, où il combattit inlassablement les atteintes à la liberté de Napoléon. Il sera l’un des artisans de son abdication en 1815.

 

Cette période aura été très assombrie par la mort de sa femme, en 1807.

 

Le règne de Louis XVIII, puis celui de Charles X, devaient se traduire par un certain retour à l’absolutisme, ce qui amena La Fayette à reprendre le combat. Écœuré par le peu de résultat obtenu par la voie des assemblées où il sera élu, il acceptera de prendre des responsabilités dans une société secrète, les Carbonaris, dont le but était de renverser le pouvoir pour établir la république. Mais cela tourna mal. Quatre membres de l’association secrète furent pris et exécutés malgré ses efforts pour les faire évader.

 

Si La Fayette a joué un rôle décisif pendant la phase glorieuse de la Révolution, la phase libérale, il a connu surtout des malheurs personnels et des déceptions politiques pendant les deux phases qui ont suivi : la phase totalitaire avec les jacobins, puis la phase absolutiste avec Napoléon, Louis XVIII et Charles X. Mais il devait connaître quelques consolations en provenance des États-Unis.

 

En 1803, Jefferson, alors président des États-Unis, qui venait de faire acheter la Louisiane à Napoléon par le Congrès, lui proposera d’en devenir gouverneur, ce qu’il refusera, car ce n’était pas le pouvoir personnel qui l’intéressait mais le triomphe de ses idées.

 

Bien des années plus tard, en 1824 – alors qu’il avait 66 ans – , il aura un témoignage de reconnaissance tout à fait extraordinaire dont les Français n’ont jamais vraiment pris la mesure. Invité par le président Monroe, ce dernier voulut l’envoyer chercher par un vaisseau de guerre, ce que La Fayette déclina, et il s’embarqua sur un navire commercial ordinaire, sans se douter de la réception qu’on allait lui faire. Il débarqua le 15 août 1824, attendu par 30.000 personnes. Il fut conduit à l’Hôtel de ville de New York dans un carrosse tiré par 4 chevaux blancs. Sur son passage, les gens lui envoyaient des fleurs et les mères lui présentaient leurs enfants pour qu’il les bénisse.

 

On lui fit alors faire pendant 13 mois le tour des 24 États de l’Union. Partout il est accueilli par des foules immenses, 50.000 à Baltimore, 70.000 à Boston. Il va à Richmond, Charleston, Columbia, Mobile, New Orleans, Natchez, St Louis, Nashville, Cincinnati, Pittsburgh, Buffalo, pour ne nommer que les villes les plus importantes. Au total il sera reçu officiellement dans 132 municipalités, dont plusieurs portaient son nom. Partout il électrise les gens par des discours où il vante les institutions américaines. Il assiste à des réceptions publiques pendant lesquelles il souhaite la bienvenue aux Indiens et aux noirs. Il se rend sur les lieux de ses exploits guerriers. Il va s’incliner sur la tombe de Washington. Il est reçu par les anciens présidents John Adams, James Madison et Thomas Jefferson, son grand et vieil ami, dans leur lieu de retraite.

 

Il sera évidemment reçu par le Congrès, honneur qui n’est guère réservé qu’aux Chefs d’État. Le Congrès, connaissant la précarité financière de La Fayette causée par les péripéties de sa vie et son inaltérable générosité, lui attribua une dotation de 200.000 dollars et des terres « en considération des services rendus, des pertes éprouvées et des sacrifices consentis ». À son retour, le 7 septembre 1824, il emmènera avec lui une malle de terre américaine pour mettre autour de sa tombe.

 

Quelques années plus tard, lors de la révolution de 1830, La Fayette sera l’un des artisans de l’abdication de Charles X. La question se posa d’un retour à la république ou d’une vraie monarchie constitutionnelle, avec Louis Philippe comme chef de l’exécutif. La Fayette avait repris le commandement de la garde nationale, son prestige auprès du peuple était toujours très grand, et il aurait suffi qu’il le veuille pour instaurer la république et en prendre la tête. Jusqu’à aujourd’hui, on lui a beaucoup reproché de ne pas l’avoir fait. Mais il pensait que la France n’était pas mûre pour la République : les Français n’avaient pas encore oublié les désordres, les famines, la terreur, associées avec la première république. Très lucidement, il pensait qu’une monarchie constitutionnelle serait mieux à même de promouvoir ses conceptions libérales de la Société. Il se borna donc à obtenir des engagements de Louis-Philippe sur les institutions. Une nouvelle constitution, plus libérale, sera adoptée le 7 août 1830. Mais le pouvoir corrompt, Louis Philippe rogna peu à peu sur les libertés promises au départ, et La Fayette se retrouva bientôt à l’Assemblée pour les défendre.

 

Il mourut le 20 mai 1834. Aux États-Unis, le Congrès décida un deuil national de 30 jours. Le président, John Quincy Adams prononça, en présence de tous les corps constitués, l’éloge funèbre du dernier major général de l’armée de l’Indépendance, éloge qui fut diffusé à 60.000 exemplaires. En France, l’État refusa tout hommage officiel.

 

Aujourd’hui, il est enterré au cimetière de Picpus, près de sa femme, sous un drapeau français mais aussi un drapeau américain que l’ambassade des États-Unis vient renouveler tous les ans le 4 juillet, jour de la fête nationale de l’indépendance.

 

Aux États-Unis, une montagne, sept comtés, quarante localités, diverses écoles, collèges et lycées, ainsi que d’innombrables rues portent le nom de La Fayette. Sa statue est présente dans de nombreux endroits, notamment au « Lafayette square », situé immédiatement derrière la Maison Blanche, à Washington. L’Association américaine des Amis de Lafayette est toujours vivante et possède plus de mille tableaux historiques qui le représentent. Cette popularité est forcément amenée à décroître avec le temps, mais moins qu’on ne pourrait le craindre, puisque l’État américain a donné son nom à l’un de ses derniers sous-marins nucléaires. Il n’y a pas d’autre exemple dans l’Histoire de la reconnaissance de toute une nation pour un étranger.

 

Le contraste entre la façon dont les Américains et les Français ont traité La Fayette se poursuit dans les livres d’histoire. Il existe des milliers d’écrits sur La Fayette, aussi bien en Anglais qu’en Français. Ils sont unanimement laudatifs sur la partie américaine de sa vie. En revanche les historiens français, contrairement aux historiens américains, ont une opinion relativement médiocre de La Fayette pour la partie française de son existence.

 

Certes tous rendent hommage à son courage, à sa générosité, à sa bienveillance, à la clarté de ses propos, à sa probité.

 

Mais nombre d’historiens français le trouvent vaniteux, avide de gloire, sans caractère, indécis, voire un peu niais. Voici deux exemples extraits de nos encyclopédies les plus répandues.

Son esprit manque de profondeur et son caractère de décision. Il subit les événements plus qu’il ne les dirige (Encyclopedia Universalis).

Son courage certain et ses principes libéraux constants ne s’accompagneront pas, chez lui, de cette claire vision des événements qui permet d’avoir barre sur leur évolution.…

…son indécision l’amène finalement à faciliter la montée sur le trône du duc d’Orléans. (La grande encyclopédie Larousse).

Je pense que l’on doit réfuter ces jugements.

 

On ne peut pas considérer comme manquant de caractère l’homme qui a redressé le moral des troupes américaines dans le dénuement pendant l’hiver de Valley Forge.

 

Si La Fayette a incontestablement aimé la popularité, on aurait tort de confondre cela avec de la vanité. S’il avait été vaniteux, il n’aurait pas refusé à Louis XVI le bâton de maréchal, ou le grade de généralissime, il n’aurait pas refusé à Napoléon le grand cordon de la Légion d’honneur ou le Sénat à vie.

 

Si à deux reprises, pendant la révolution de 1789 et pendant la révolution de Juillet, il n’a pas saisi l’occasion qui se présentait à lui de prendre le pouvoir et d’instaurer la République, ce n’est pas par indécision, c’est parce qu’il s’intéressait au triomphe de ses idées et non au pouvoir. Les historiens français ont du mal à comprendre qu’un homme qui jouissait d’une telle gloire n’était pas intéressé par le pouvoir.

 

On ne peut pas non plus considérer comme niais, mais plutôt comme en avance sur son temps, un homme qui s’est battu pour des principes et des institutions qui sont devenues peu à peu la norme dans le monde occidental.

 

Nous terminerons par deux citations qui me paraissent refléter exactement ce que fut l’homme : la première est de George Washington, l’homme qui a passé le plus de temps de sa vie en compagnie de La Fayette et dont tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il fut à la fois un grand stratège, un politique avisé et un patriote désintéressé :

« Il possède des talents militaires hors du commun, avec un jugement rapide et sûr. Il est entreprenant et persévérant, sans imprudence, avec en outre un tempérament conciliant et parfaitement sobre, toutes qualités rarement réunies dans la même personne ».

La deuxième est de La Fayette lui-même. Elle fut écrite six mois avant sa mort et résume parfaitement sa vie :

« Aucun obstacle, aucun mécompte, aucun chagrin ne me détourne ou me ralentit dans le but unique de ma vie : le bien-être de tous, et la liberté partout. »



Sida : des anticorps ultrapuissants pourraient neutraliser le VIH

De nouveaux anticorps ont été identifiés par des chercheurs américains, qui permettraient de neutraliser de nombreuses mutations du VIH. Une découverte qui relance l’espoir d’un vaccin anti-Sida efficace.

 

Les chercheurs de trois équipes américaines ont identifié 17 nouveaux anticorps efficaces contre différents sérotypes (ou variants) de VIH, ou virus du Sida. Présentés comme très « puissants », ces anticorps protéiques serraient capables de neutraliser « un large spectre de variants du VIH ». Cette piste est jugée particulièrement intéressante pour les perspectives qu’elle laisse espérer dans la mise au point d’un candidat-vaccin.

 

Publié dans la revue Nature, ce travail a été réalisé par des scientifiques du Scripps Research Institute de La Jolla en Californie, et de deux sociétés de biotechnologie, Theraclone Sciences et Monogram Biosciences. Il a été coordonné par l’IAVI, l’International AIDS Vaccine Initiative’s (en français, l’Initiative internationale du vaccin contre le Sida).

 

Le virus du Sida, toujours en mutation, est pour le moment impossible à neutraliser. La découverte des chercheurs américains apporte toutefois un espoir.
Le virus du Sida, toujours en mutation, est pour le moment impossible à neutraliser. La découverte des chercheurs américains apporte toutefois un espoir. © DR

 

La piste des anticorps ultrapuissants

 

Les nouveaux anticorps ont été isolés à partir de prélèvements sanguins issus de quatre patients, tous positifs au VIH. Bonne surprise, certaines de ces protéines seraient dix à cent fois plus puissantes que les anticorps mis à jour jusqu’alors !

 

Cette découverte est considérée comme une avancée majeure vers la mise au point d’un candidat-vaccin contre le VIH-Sida. Et pour cause, en raison de son importante variabilité et des mutations incessantes qu’il subit, le VIH est aujourd’hui impossible à neutraliser. Le fait de disposer d’anticorps ultrapuissants permettrait en quelque sorte aux scientifiques, d’élargir leur champ d’action. Et de lutter contre une plus large proportion de variants du VIH. La route toutefois, est encore longue…



Sarkozy et Merkel veulent un gouvernement pour l’Europe

La France et l’Allemagne vont proposer à leurs partenaires européens la création d’un «véritable gouvernement de la zone euro». Ils souhaitent que le poste revienne à l’actuel président de l’Union européenne Herman Van Rompuy.

Sarkozy et Merkel veulent un gouvernement pour l'Europe  dans 2012 coeur-

La France et l’Allemagne vont proposer à leurs partenaires européens la création d’un «véritable gouvernement de la zone euro», a annoncé mardi le président français Nicolas Sarkozy à l’issue d’un sommet à Paris avec la chancelière allemande Angela Merkel. «Nous allons vers une intégration économique renforcée de la zone euro», a ajouté le chef de l’État.

 

«Nous voulons dire notre volonté absolue de défendre l’euro (…) et d’avoir sur tous ces sujets une identité de vues et de propositions entre la France et l’Allemagne», a déclaré le président français. Dans une lettre qui sera adressée mercredi à la présidence de l’Union européenne, France et Allemagne proposent de créer un «gouvernement économique de la zone euro». Constitué du conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, il se réunira deux fois par an et élira un président stable pour deux ans et demi.

 

Les deux dirigeants ont proposé que ce nouveau poste, dont le titulaire sera nommé pour deux ans et demi, revienne à l’actuel président de l’Union européenne Herman Van Rompuy, a déclaré Nicolas Sarkozy au cours d’une conférence de presse.

 

Règle d’or pour les 17 États membres

 

Par ailleurs, les deux pays vont proposer que les 17 États membres de la zone euro adoptent la «règle d’or» sur l’équilibre budgétaire avant l’été 2012, a annoncé le président Nicolas Sarkozy à l’issue de son entretien avec la chancelière Angela Merkel.

 

Le premier ministre François Fillon prendra les «contacts nécessaires» avec les différentes forces politiques françaises pour voir si un consensus est possible pour faire adopter cette «règle d’or».

 

La France honorera ses engagements sur la réduction des déficits publics, soit les ramener à 4,6% du produit intérieur brut en 2012 (contre 5,7% cette année), avant d’atteindre 3% en 2013 et annoncera pour ce faire des mesures la semaine prochaine, a déclaré mardi Nicolas Sarkozy. «La semaine prochaine, le premier ministre entouré du ministre de l’Economie et de la ministre du Budget auront l’occasion d’annoncer un certain nombre de décisions qui permettront de mesurer la volonté absolue de la France d’être en rendez-vous de nos engagements», a-t-il dit. L’objectif de la France est de ramener son déficit public à 3% du PIB en 2013, mais il est actuellement compromis par une croissance moins forte que prévu.

 

Taxe sur les transactions financières

 

Autre annonce forte, la France et l’Allemagne vont proposer au mois de septembre que l’Union européenne instaure une taxe sur les transactions financières. «Les ministres des Finances allemand et français déposeront sur la table des instances européennes une proposition commune, dès le mois de septembre prochain, de taxe sur les transactions financières», a déclaré Nicolas Sarkozy.

 

Cette taxe sur les transactions financières est une «nécessité évidente», a déclaré pour sa part la chancelière allemande. Les deux dirigeants n’ont pas précisé les modalités de cette mesure. Une des possibilités, popularisée par l’économiste James Tobin, consiste à taxer à un taux très faible les mouvements internationaux de capitaux.

 

Pas d’euro-obligations

 

Nicolas Sarkozy a par ailleurs indiqué que l’introduction prématurée d’euro-obligations pourrait mettre en danger les pays stables et qu’il fallait attendre le fin du processus d’intégration. Pour sa part, la chancelière allemande Angela Merkel ne croit pas «que les euro-obligations nous aideraient aujourd’hui». «Les eurobonds un jour, peut-être, mais à la fin d’un processus d’intégration, pas au début du processus d’intégration», a précisé le président français. Nicolas Sarkozy a ajouté, lors d’une conférence de presse, que si l’on garantissait sans limite la dette des Etats en déficit, la crédibilité du système disparaîtrait.

 

(Avec AFP et Reuters)



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