Ségolène Royal en pleine « accélération » pour la primaire PS

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Après « le temps de la sobriété médiatique », puis celui de « la réflexion », Ségolène Royal est dans « le temps de la médiatisation ». Pour la candidate à la primaire PS, qui invite Jean-Pierre Chevènement ce soir à la tribune, il s’agit de rattraper son retard et d’occuper le terrain. Y compris cet été…C’est maintenant ou jamais. A la traîne dans les sondages pour la primaire socialiste, Ségolène Royal accélère. Interventions dans les médias – un entretien à L’Express, plusieurs télés –, des prises de positions iconoclastes, une nouvelle université populaire à Paris ce mercredi avec Jean-Pierre Chevènement en invité… la candidate à la primaire PS cherche à forcer le destin. D’autant que Martine Aubry n’est pas encore déclarée.

« J’arrive au bout d’un long chemin de travail, de préparation, de déplacement sur l’ensemble du territoire national, que je continue. Nous entrons dans le mois de juin, qui est le mois de dépôt des candidatures à la primaire. (…) C’est quelque chose de solennel le dépôt d’une candidature à la primaire », a expliqué Ségolène Royal devant les journalistes.

 

« Je ne crois pas qu’elle accélère », assure Najat Vallaud-Belkacem, fidèle soutien de l’ex-candidate à la présidentielle. « Au contraire, Ségolène Royal a su fixer son propre temps. Il y a eu le temps de la sobriété médiatique, indispensable pour pouvoir se concentrer sur le terrain et la rencontre avec les Français. Le temps de la réflexion intellectuelle, avec les universités populaires, pour approfondir les propositions. Aujourd’hui c’est le temps de les énoncer. A chaque fois qu’elle a la parole elle en profite pour avancer une proposition concrète, sur l’éducation, la sécurité, le pouvoir d’achat », explique Najat Vallaud-Belkacem.

Changement de braquet

La maire du 4e arrondissement de Paris, Dominique Bertinotti, n’hésite pas de son côté à reconnaître un changement de braquet. « Il y a une accélération, ne serait-ce que parce que la campagne des primaires est lancée. Certes, tout les candidats ne sont pas connus, mais début octobre, et c’est très proche, les électeurs de gauche devront choisir qui porte l’espoir pour 2012 ». La soutien de Ségolène Royal continue : « Il faut bien voir que Nicolas Sarkozy est en campagne et il faut que les socialistes le soient désormais dans leur camp. A ce titre, Ségolène Royal est effectivement en campagne. Mais ce n’est pas pour rattraper son retard ».

Tous les 15 jours, la socialiste tiendra maintenant un point de presse. Ce « temps de la médiatisation », cette « accélération », c’est approuver la proposition du député UMP Ciotti sur l’encadrement militaire des jeunes délinquants, qu’elle avait elle-même avancée en 2007, non sans créer la polémique à gauche. C’est soutenir le maire de Sevran qui demande l’intervention de l’armée pour rétablir la sécurité dans sa banlieue. C’est aussi assurer qu’elle « ferait une très bonne présidente pour la France »…

« Il ne s’agit pas pour Chevènement de soutenir qui que ce soit »

La France, il en sera question ce soir pour son université populaire. « Elle va évoquer sa conception de la République avec un grand R », selon Najat Vallaud-Belkacem. Dans L’Express de cette semaine, la présidente de Poitou-Charentes propose «une politique protectionniste, avec des règles communes au niveau européen». Autant de thèmes propres à séduire Jean-Pierre Chevènement, déjà candidat à la présidentielle de 2012. Une main tendue à celui qui l’avait soutenu lors de la présidentielle de 2007 ? « C’est un dialogue entre le futur candidat à la présidentielle, Jean-Pierre Chevènement, qui discute du fond avec la candidate à la primaire socialiste Ségolène Royal. Tout cela dans une ambiance cordiale et sympathique. Il ne s’agit pas pour lui de soutenir qui que ce soit », rétablit Julien Landfried, l’un des porte-paroles du futur candidat du MRC.

« Tous les candidats à la primaire PS vont essayer de se prévaloir du soutien tacite de Jean-Pierre Chevènement. Il y a un mois, on disait que Hollande cherchait à avoir son soutien, Montebourg a souligné que Chevènement pourrait voter pour lui à la primaire. Ils imaginent que ses thèmes ont encore un poids électoral et ils ont vu le succès de son livre, « La France est finie » », pense Julien Landfried. « Notre objectif est de faire bouger les lignes », assure le secrétaire national du MRC à la communication. « Il faut affronter le fait que la zone euro est au bord de l’implosion. Une réorientation de l’Union européenne s’impose. Or le projet du PS n’est pas à la hauteur sur la question ».

Pour Jean-Pierre Chevènement, sa présence ce soir est une tribune pour défendre ses options. Pour Ségolène Royal, c’est l’occasion de reprendre  des thèmes qu’elle avait défendus en partie en 2007, et se démarquer à nouveau de ses camarades socialistes.  Du gagnant-gagnant en somme…

« Dans le livre de Jean-Pierre Chevènement, il y a une critique du néolibéralisme. Ségolène Royal s’est aussi engagée dans cette lutte. Chevènement est également volontariste et pense que la politique peut changer les choses. Ségolène Royal est pour un socialisme de la transformation et pas de l’accompagnement. C’est normal qu’ils puissent dialoguer », explique Dominique Bertinotti.

Tournée des plages ?

Reste encore du chemin à parcourir pour Ségolène Royal pour remonter dans les sondages. Et les sondages, Ségolène Royal ne les aime pas en ce moment. « Ils sont particulièrement prématurés, peu solides, car on ne sait même pas qui est candidat aux primaires. On ne sait pas qui sont les Français qui iront voter aux primaires. Puis on connait les travers des sondages, les mécanismes de correction », lance Najat Vallaud-Belkacem.  « Une élection n’a jamais été faite par les sondages », ajoute Dominique Bertinotti. Et la primaire socialiste de 2006 ? « Ce n’est pas parce qu’un jour on est avantagé qu’on est interdit de dénoncer un système qui dysfonctionne », tente Najat Vallaud-Belkacem, alors que « Ségo » devait beaucoup à sa montée irrésistible dans les sondages, lors de la précédente primaire.

La candidate Royal, déclarée depuis novembre, compte bien continuer son « travail de fond » tout l’été. Si une bonne partie des Français prendront du repos, ses équipes réfléchissent sous quelle forme elle pourra continuer à s’adresser aux Français en vacances. Après les universités populaires, la tournée des plages de la caravane Royal ?



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