Le catholicisme amortisseur social en Espagne

L’Espagne passe la barre des 6 millions de chômeurs

Le pays plongé dans la récession et soumis à un effort de rigueur sans précédant établit un nouveau record de demandeurs d’emploi. Cela représente plus de 26% de la population active.

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5.040.222 chômeurs. Pour la première fois, le nombre d’Espagnols inscrits aux Services publics de l’emploi (SPE, l’équivalent de Pôle emploi) a franchi la barre des 5 millions. L’indicateur, en plus, est le plus conservateur des chiffres officiels. L’Institut national des statistiques (INE), qui travaille à partir de sondages sur de très larges échantillons, parle pour sa part de 6 millions de sans-emploi, soit 26,02 % de la population active.

Cependant, l’Espagne reste calme. Les manifestations se multiplient mais demeurent pacifiques. Et le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy ne semble pas menacé. Il se console même en soulignant que la dernière augmentation - 59.000 chômeurs de plus qu’en janvier - est la plus faible hausse d’un mois de février depuis 2008. Comme si de rien n’était.

Deux facteurs sont cités par les observateurs pour expliquer le stoïcisme des Espagnols. Le marché noir et la solidarité familiale. Ici, une retraitée partage sa pension avec ses enfants ; là, des parents aménagent une chambre pour leur fils qui ne peut plus payer son logement ; ailleurs, un couple reste ensemble parce qu’il ne peut se permettre le luxe d’une séparation. Les prestations publiques étant limitées, la famille ­devient la première assurance-chômage.

Mais cet amortisseur atteint ses limites. Dans 1,8 million de foyers, tous les membres de la famille sont au chômage. Et, du coup, le marché noir devient une option ­comme une autre. Selon une étude de la Fondation des Caisses d’épargne (Funcas), l’économie souterraine représenterait 23,7 % du PIB espagnol. Certains sont tentés de relativiser les chiffres. «Ce n’est pas vrai, il n’y a pas 6 millions de chômeurs», considère ainsi le président de la CEOE, l’organisation patronale espagnole.

Émigration massive

La détresse de ceux qui sont privés de revenus est toutefois bien réelle. En 2011, plus d’un million de personnes sont venues frapper à la porte de Cáritas, l’équivalent du Secours catholique, soit trois fois plus qu’en 2007. L’ONG a dû multiplier par deux les aides qu’elle accorde aux familles pour se nourrir, se loger et s’habiller.

«Il ne faut pas croire que s’il n’y a pas de révolte sociale, c’est parce qu’il n’y a pas de souffrance», avertit Pablo López Calle, professeur de sociologie du travail à l’université Complutense de Madrid. «Le profil type du chômeur est un jeune qui n’est jamais entré sur le marché du travail. Ou un adulte expulsé de secteurs faiblement syndiqués, comme la construction, l’hôtellerie ou les services. Les syndicats n’ont pas su canaliser cette réalité sociale.»

Rafael Pampillón, économiste à l’IE Business School, ajoute un troisième facteur de stabilité: l’émigration. Près de 400 000 Espagnols ont quitté leur pays entre 2008 et 2012, selon l’INE. «Les gens se découragent et beaucoup partent à l’étranger.» Pampillón considère que cette tendance devrait être encouragée: «La bulle immobilière a explosé, et le nouveau modèle productif sera basé sur la technologie. Il n’y aura pas d’emploi en Espagne pour 5 millions de chômeurs.»



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