David Cameron : bye, bye l’Europe ?

Les Américains s’alarment, et pour les milieux d’affaires, quitter l’UE serait un suicide. Mais l’opinion britannique est largement eurosceptique…

David Cameron, Premier ministre britannique.David Cameron, Premier ministre britannique. © Geert Vanden Wijngaert / AP, Sipa

La démarche est inhabituelle. Philip Gordon, secrétaire d’État adjoint américain pour les Affaires européennes en visite à Londres, avait, mercredi 9 janvier, convié à l’ambassade des États-Unis les journalistes britanniques avec un objectif : leur délivrer publiquement un message solennel. Le gouvernement américain, a-t-il dit en substance, observe avec inquiétude la politique européenne de David Cameron. Sous la pression des eurosceptiques, très actifs au sein même du Parti conservateur, le Premier ministre britannique s’apprête à annoncer son intention de rapatrier certains pouvoirs délégués à l’UE. Et à organiser un référendum sur la question. Cette consultation est encore hypothétique, car elle est censée se tenir en 2015, après les prochaines élections. La renégociation suggérée par Cameron serait, à ses yeux, indispensable si, comme le propose Berlin, un nouveau traité était élaboré pour renforcer l’intégration de la zone euro. La manoeuvre de Cameron est clairement électoraliste : il s’agit d’amadouer les eurosceptiques avant le scrutin.

Mais les États-Unis redoutent que le Royaume-Uni ne mette le doigt dans un engrenage irréversible. Et ne finisse par quitter purement et simplement l’Union européenne. Une idée catastrophique pour les Américains, qui ont tenu à clarifier les choses : c’est en demeurant dans l’UE que Londres préservera son rapport étroit avec Washington. Pas en lui tournant le dos. « Nous avons une relation de plus en plus étroite avec l’UE, qui a une voix de plus en plus forte dans le monde, et nous voulons une voix britannique forte dans cette institution », a souligné Philip Gordon. À bon entendeur…

Il n’y a pas qu’outre-Atlantique où l’on s’inquiète. Plusieurs grands patrons britanniques, dont Richard Branson, fondateur de Virgin, ont tiré la sonnette d’alarme dans une lettre adressée au Financial Times. Déjà, fin décembre, le patronat avait manifesté son émoi après l’éclat de Jacques Delors suggérant que le Royaume-Uni sorte de l’Europe. La moitié des exportations britanniques se font vers l’Europe, dont plus de 40 % dans la zone euro. Nos amis anglais ne doivent pas oublier que Calais est à 32 kilomètres de Douvres. Et les côtes américaines sont infiniment plus lointaines…



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