Tesson : « Décidément, Hollande ne comprend rien ! »

Pour Philippe Tesson, le président est incapable d’opérer une chirurgie rapide et radicale, propre à relancer la compétitivité.

Pour Philippe Tesson, François Hollande a oublié que la France évalue ses actes.Pour Philippe Tesson, François Hollande a oublié que la France évalue ses actes. © Philippe Wojazer / AFP

On saura dans les heures et les jours qui viennent si François Hollande veut jouer l’avenir de la France avec les entreprises ou non. La suite qu’il va donner aux propositions contenues dans le rapport Gallois, remis aujourd’hui au gouvernement, sera le révélateur de ses intentions. Or, ces dernières semaines ont laissé apparaître dans les relations du gouvernement avec le patronat des signes qui n’invitent pas à l’optimisme.

Il est désormais admis que le président de la République a rayé non seulement de son vocabulaire mais surtout de sa stratégie ce choc de compétitivité sans lequel les entrepreneurs ne voient pas de sortie de crise. Il est également avéré, si l’on en juge d’après les réactions à l’appel lancé l’autre dimanche par les dirigeants de l’Afep (Association française des entreprises privées), que le président et le gouvernement ne sont pas disposés à répondre favorablement aux attentes des patrons concernant aussi bien l’allègement des charges que la baisse des dépenses publiques ou celle de l’impôt sur les sociétés… On espérait une chirurgie rapide et radicale, propre à relancer la compétitivité de l’économie française. C’est vers une médecine prudente que l’on s’achemine. Quelles raisons impérieuses ont donc dicté à François Hollande des choix aussi frustrants ?

Les cafouillages de Hollande

On a peine à croire qu’il obéisse à de vieilles pesanteurs idéologiques. On est parfois tenté de l’en soupçonner quand on le voit céder à un sectarisme qui suinte le socialisme archaïque – on n’oubliera jamais le « je n’aime pas les riches ». Mais aussi sincère qu’ait pu être dans sa jeunesse son engagement anticapitaliste, on ne peut pas imaginer que son savoir ne l’ait pas éveillé par la suite à une conscience claire des réalités ! De même, on peut difficilement envisager, sauf à retenir l’hypothèse d’une grande faiblesse, que ses décisions en matière de stratégie économique répondent à des considérations politiciennes. Lesquelles, alors qu’il est assuré d’une majorité parlementaire étroitement soudée par la haine de la droite et par l’intérêt du pouvoir, à défaut de l’être par la cohérence idéologique ?

En vérité, c’est, semble-t-il, la crainte du principe même de choc qui va inviter le président de la République à des choix modérés, autant dans le fond (les mesures) que dans la forme (le calendrier). Comme si les solutions radicales n’étaient pas dans sa nature, comme si elles lui faisaient peur. Il s’agirait d’une difficulté à exercer son autorité ou d’une absence même d’autorité, cachée sous toute une série d’alibis : le moment n’est pas venu, les Français ne comprendraient pas que je tranche dans le sens que préconise le patronat, le temps viendra, procédons par étapes… On connaît ce type d’argumentation. Mais c’est commettre une double erreur.

La première : déjà les Français ne comprennent pas, déjà il est trop tard. On a le sentiment que François Hollande ne mesure pas exactement l’état de l’opinion. Les fautes de communication qui se succèdent aujourd’hui ne sont-elles pas le signe d’une surdité à la voix du peuple ? Le président croit que le jugement porté sur lui par les Français est moins présent et moins fort dans l’esprit public que le souvenir laissé par Sarkozy. Il se trompe. Il oublie qu’il est là depuis six mois. C’est lui, Hollande, que la France évalue sur ses actes, c’est lui dont elle s’étonne qu’il ait encore si peu fait, alors qu’il avait tant promis. C’est lui qui cafouille, ce n’est pas la droite, ce n’est pas le destin, ce ne sont pas les autres.

Un gâchis

La deuxième erreur procède visiblement d’un bizarre rapport au temps. Cet homme-là considère qu’il a le temps parce qu’il a la durée. Pourtant, il a en main tous les éléments qui lui permettent de mesurer l’urgence des problèmes. Il a autour de lui une meute d’experts, toute l’énarchie réunie. Nous, nous ne sommes pas des experts. Mais nous connaissons la valeur des chiffres et des statistiques, nous comprenons le sens des analyses, la réalité de la vie. Tout ce que nous lisons, ce que nous apprenons sur la situation de la France, venu de la plume ou de la bouche de personnalités incontestables, de gauche ou de droite, ne résonne plus qu’en termes de déclin, de recul, de perte, de rétrogradation, de menace, de catastrophe. Tout ce que nous voyons de la vie ne se traduit plus qu’en termes d’inquiétude, d’angoisse, d’appauvrissement.

Et, en réponse, que fait-il, lui, que font-ils, eux ? Ils attendent un rapport sur la compétitivité pour annoncer qu’ils n’en tiendront pas compte et qu’ils en édulcoreront le contenu pour en étaler sur deux ou trois ans la mise en oeuvre. Il y a une dizaine d’années, une situation comparable, toutes choses égales, s’est présentée à l’Allemagne. Sans attendre, Schröder, qui était pourtant de la famille socialiste, prit les mesures conformes à ce que préconisait le patronat allemand. On connaît le résultat.

Tout ce gâchis pourquoi ? Parce que la gauche, avec ses vieux tropismes et ses utopies mitées. Parce que le socialisme, avec ses misérables rapports de force internes. Parce que la justice et l’égalité. Parce que la mollesse et la démagogie. Parce que les riches… Au fait, écoutons l’un d’entre eux, Marc de Lacharrière, peu suspect d’incivisme : « Est-ce que le président se rend compte que la France est un des seuls pays où un entrepreneur doit prendre 100 % des risques pour laisser au final à ses enfants entre 15 et 17 % de la richesse qu’il a produite ? Nos entreprises intermédiaires ont les niveaux de profit les plus faibles d’Europe. Si Hollande ne comprend pas cela… » Hollande ne comprendra pas cela. Que n’a-t-il jamais produit ? Que n’a-t-il jamais entrepris ? Que n’a-t-il jamais risqué ?



Un exosquelette motorisé pour plus d’indépendance des paraplégiques

« Lève-toi et marche. » C’est ce que pourront peut-être entendre dès 2014 des personnes paralysées des membres inférieurs quand elles se seront équipées de cet exosquelette robotisé particulièrement léger et transportable. Il permet à des paraplégiques de rester debout, de marcher, de sauter et de monter des marches.

Les personnes paraplégiques sont atteintes d’une paralysie des membres inférieurs et ne peuvent plus marcher. Voilà une nouvelle qui pourrait les réjouir, et elle émane tout droit de la Vanderbilt University de Nashville (États-Unis) : des scientifiques y ont conçu un exosquelette robotisé qui permet à ces patients de se ternir droit, de marcher, de sauter ou de monter des marches.

Rien qu’aux États-Unis, il y aurait entre 236.000 et 327.000 personnes atteintes de lésions de la moelle épinière, parmi lesquelles 155.000 seraient paraplégiques. Ces accidents apparaissent en moyenne à l’âge de 41 ans, et représentent des coûts de l’ordre du million d’euros sur le reste de la vie de la personne.

Un exosquelette à utiliser comme un Segway

Attachés solidement au niveau abdominal, des supports rigides partent de la hanche jusqu’aux genoux, puis du genou jusqu’au pied, l’interface entre les deux étant motorisée et contrôlée par ordinateur. L’ensemble est doté de batteries dernier cri avec une grande autonomie.

Michael Goldfarb, l’un de ses concepteurs, le décrit comme un Segway avec des jambes. Pour marcher, il suffit de se pencher vers l’avant. Si on appuie vers l’arrière durant quelques secondes, la jambe se replie et la personne peut s’asseoir. Pour se remettre debout, il lui suffit de se pencher quelques secondes vers l’avant. Ce robot est conçu pour s’adapter à la force du patient. Une personne partiellement paralysée pourra faire travailler ses muscles, le reste du travail étant effectué par l’exosquelette. Pour les personnes complètement paralysées, c’est l’outillage qui fait le tout.

Ou presque… Car pour maintenir l’ensemble droit, il faut être équipé de béquilles. Sans elles, le patient paraplégique risquerait de tomber.

Brian Shaffer est une des rares personnes à avoir pu tester l'exosquelette. Il a été ravi de l'expérience et de pouvoir remarcher.Un exosquelette motorisé pour plus d’indépendance des paraplégiques dans La une pt-loupe
Brian Shaffer est une des rares personnes à avoir pu tester l’exosquelette. Il a été ravi de l’expérience et de pouvoir remarcher. © Joe Howell, Vanderbilt University

Des paraplégiques capables de marcher de nouveau

Pour Brian Shaffer, ayant perdu l’usage de ses jambes à la suite d’un accident de voiture la nuit du réveillon de Noël 2010, le test est positif. « C’est incroyable de pouvoir se remettre debout. Cela demande de la concentration pour le maîtriser dans un premier temps, mais une fois qu’on a le truc, ce n’est pas si dur : le robot fait tout le travail. »

Cet exosquelette n’est pas le premier du genre. Deux concurrents, des marques israélienne (Argo Medical Technologies) et californienne (Ekso Bionics) tentent déjà de conquérir le marché américain. Tous deux fournissent aussi la possibilité aux personnes paralysées de marcher et de se tenir droit.

Seulement, le robot de la Vanderbilt University est moins lourd (12 kg contre 20 pour ses concurrents) et de plus petite taille, facilitant son transport même pour quelqu’un se déplaçant en fauteuil roulant. À l’inverse de ses rivaux, il est équipé d’électrodes qui stimulent électriquement les jambes du patient, afin de favoriser le développement musculaire pour ceux qui n’ont perdu toute leurs sensations ou pour favoriser la circulation chez ceux atteints de paralysie complète.

Des détails qu’il reste à peaufiner

Le coût éventuel n’a pas encore été débattu. Les autres modèles ne se vendent pas moins de 140.000 dollars (108.000 euros) pour le moment. Les concepteurs espèrent pouvoir casser les prix, en jouant sur le fait qu’il demande moins de matières premières pour être produit. En revanche, les joujoux technologiques qui le composent ne le démocratiseront pas de sitôt.

Quoi qu’il en soit, aucun de ces modèles n’est encore accessible depuis chez soi. L’heure n’est donc pas encore à la banalisation. Mais les chercheurs de la Vanderbilt University se sont fixés l’année 2014 comme objectif. Un pari ambitieux. D’autant qu’à l’heure actuelle, il ne peut convenir à tous les patients. Il faut encore être suffisamment en bonne santé et avoir une musculature du haut du corps assez puissante pour tenir sur des béquilles. Ce qui n’est pas le cas de toutes les personnes contraintes à vivre en chaise roulante depuis des mois voire des années…



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