Angela Merkel s’en prend vivement à François Hollande sur la question de l’Afghanistan

Après avoir affiché une modération que certains ont pris pour une certaine résignation depuis son arrivée à Washington, la Chancelière allemande s’est brusquement réveillée dimanche, à Chicago, pour critiquer vertement la position française. Mais cela ne modifie guère l’impression d’isolement de l’Allemagne. Et à Berlin, l’heure est à la tempérance, car il va désormais falloir compter avec François Hollande.

Décidemment, rien n’aura été simple pour la chancelière allemande durant ces quatre jours aux Etats-Unis. Tour à tour souriante, sombre, impatiente, Angela Merkel a pourtant eu droit aux égards de son hôte, Barack Obama. Mais de nombreux spécialistes et observateurs rapprochés des scènes de discussion convergent dans leurs analyses: Angela Merkel a du mal à s’adapter à la nouvelle donne initiée par la France et qui s’est imposée rapidement après la rencontre entre François Hollande et Barack Obama à Washington.

De plus en plus à l’aise, François Hollande ne s’accorde que trois heures de sommeil par nuit depuis son arrivée aux Etats-Unis. Il s’est beaucoup entretenu ce dimanche avec Dimitri Medvedev, pour expliquer à l’issue de ces conversations que la Russie et d’autres pays ne devraient pas se sentir menacés par le système planifié de l’OTAN de défense antimissiles. Il a établi quatre conditions pour le soutien français à la défense antimissile, à savoir le coût, les règles d’engagement et de soutien industriel pour les contacteurs européens ainsi que la compatibilité avec la dissuasion nucléaire de la France. La Russie s’oppose au système de défense antimissiles en estimant que le programme vise ses propres missiles. Parce que cette question n’apparait pas comme totalement soluble pour le moment à Chicago, les Etats-Unis ont vitedéclaré que le système est conçu pour contrer une menace de missiles à partir d’un état « ​​voyou » comme l’Iran. »

HOLLANDE, PRAGMATIQUE DETERMINE

Après avoir affirmé son «pragmatique» dans la décision de retirer la quasi-totalité des 3400 soldats français en Afghanistan d’ici la fin de l’année 2012, le président français a obtenu un appui inattendu de la part de Barack Obama, lequel s’est montré disposé à envisager une accélération d’un an sur le calendrier prévu et à hâter la mise en place de l’aide future à l’Aghanistan. Les manifestations de pacifistes n’ont fait que se renforcer au cours de la journée de dimanche à Chicago et semblent encore s’accroître ce lundi. De plus, Obama doit faire face à une montée en puissance des attaques des Républicains sur sa gestion des interventions à l’extérieur des Etats-Unis. Il faut rappeler que 66% des Américains sont désormais opposés à la poursuite de la présence américaine en Afghanistan, alors que seulement 27% pensent qu’il faut poursuivre l’effort, selon un sondage AP-GfK publié plus tôt ce mois-ci.

AGACEMENT ALLEMAND

C’est de manière une nouvelle fois inattendue que la chancelière allemande est repassée à l’offensive dans ce qui ressemblait à un dernier baroud d’honneur pour vivement critiquer les plans français par la voix de la chancelière Angela Merkel qui souhaite défendre le principe « y aller ensemble, en sortir ensemble ». La délégation allemande semble de plus en plus exaspérée par la remise en cause française de décisions et d’orientations qu’elle répugne à voir infléchies sans cesse par François Hollande.

Pourtant, cet agacement a vite été contrebalancé par le Ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble qui discutera pour la première fois de l’Euro avec son homologue français nouvellement installé, Pierre Moscovici, aujourd’hui à Berlin tandis que les dirigeants européens se préparent à une réunion au sommet à Bruxelles le 23 mai. Bloomberg souligne ainsi qu’« après trois réunions plus courtes la semaine dernière, la chancelière Angela Merkel et le président français François Hollande chercheront à équilibrer le désir de la France de relancer la croissance avec la préférence de l’Allemagne pour réduire les dépenses. » «  Le gouvernement allemand est prêt à parler de tout  » a expliqué Schaeuble à Business Week, bien qu’il exclue des mesures qui augmenteraient la dette, mais ajoute l’hebdomadaire, « le président Barack Obama a rejoint les leaders du G-8, y compris le Premier ministre de la Grande-Bretagne David Cameron et Hollande en mettant accent renouvelé sur la croissance, soulignant l’isolement de Mme Merkel, qui a maintenu sa résistance à de nouvelles dépenses.  »

Ce lundi matin toutefois, le Telegraph de Londres donne bien la mesure du basculement des pôles, en écrivant: « Le « bloc latin » de la zone euro est en pleine révolte. Le trio des dirigeants français, italien et espagnol – soutenu par les puissances mondiales – fait pression pour un changement radical dans la stratégie économique de l’Europe au sommet crucial de mercredi. » Et le Spiegel allemand souligne le soutien britannique, qui n’a pas toujours été évident, loin de là, ces derniers jours: « Le président français, François Hollande, mettra la chancelière allemande Angela Merkel sous pression au sommet de l’UE mercredi pour accepter des obligations en euro, auxquelles elle s’est jusqu’à présent strictement opposée. L’Italie et la Grande-Bretagne soutiendront vraisemblablement Hollande dans un signe supplémentaire que Mme Merkel est de plus en plus isolée en Europe avec son plan d’austérité pour économiser l’euro. »

DES PAYS EPUISES PAR LA GUERRE

Sur la question afghane, le Washington Post commente ce matin: «(…) les dirigeants ont également discuté de la manière pour la communauté internationale de financer les forces de sécurité afghanes après 2014. Puisqu’aucun des pays de l’OTAN ne se sent la force de poursuivre une guerre beaucoup plus longue, la seule option viable est de laisser derrière eux une armée afghane et une force de police capables de défendre le pays contre les talibans et leurs alliés. » Et c’est de cela dont il va être question au cours des prochaines heures.

Le quotidien souligne que la discussion a déjà franchit des étapes concrètes en posant sur la table la question du coût de cette après-guerre:  « Alors que la réunion de Chicago n’a pas été présentée comme un sommet promesses de financement, les dirigeants discutent des contributions à venir. 1,3 milliard de dollars devraient provenir des membres de l’OTAN autres que les États-Unis. Un milliard de dollars a déjà été promis », selon un haut fonctionnaire occidental. Le fonctionnaire a parlé sous couvert d’anonymat parce qu’il n’était pas autorisé à divulguer les chiffres. Mais il avance que les Etats-Unis et certains pays en dehors de la coalition militaire devraient compenser à 2,3 milliards de dollars.

« Le défi d’Obama et des autres dirigeants mondiaux sera de convaincre leurs électeurs que l’Afghanistan est un bon investissement. La guerre a déjà coûté la vie à au moins 3.000 combatatnts et membres de l’OTAN en service – plus de 1840 d’entre eux américains – et des milliers d’Afghans » rappelle le quotidien.

LE PAKISTAN SUR LA SELLETTE

Mais l’après-guerre dépendra aussi de la coopération du Pakistan. Alors que le président pakistanais Asif Ali Zardari participe au sommet de l’OTAN, Obama n’a pas l’intention de le rencontrer en privé. Il n’en faut pas plus pour illustrer l’état des relations entre les deux pays. Les Etats-Unis et le Pakistan restent en désaccord sur la fermeture par le Pakistan des routes principales utilisées pour envoyer du matériel aux troupes de l’OTAN en Afghanistan. Le Pakistan a fermé les lignes d’approvisionnement en Novembre après une frappe aérienne américaine qui a tué deux douzaines de soldats pakistanais. Bien que les deux parties ont indiqué le problème serait résolu, il n’y a pas eu d’apaisement depuis. L’entretien qui s’est tenu hier soir entre le président pakistanais et la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton n’a guère laissé filrer d’information, et ce n’est pas un très bon signe.

Hollande se penche sur le cas de la Syrie

Ce lundi matin, le Secrétaire général des Nations-Unis, Ban Ki-moon, a rencontré à son tour le président français pour explorer la question de la Syrie et de la Conférence Rio +20 prévue pour le mois prochain au Brésil. Une réunion en marge du sommet de l’OTAN lui-même. « Le secrétaire général a de nouveau félicité le président pour son entrée en fonction et a dit qu’il était sûr que les relations entre la France et l’Organisation des Nations Unies en serait encore renforcée », a déclaré le porte-parole de Ban Ki-moon à l’issue de la rencontre.« Sur la Syrie, a t-il dit, le secrétaire général a expliqué que nous étions à un moment charnière dans la recherche d’un règlement pacifique à la crise et qu’il est extrêmement préoccupé par le risque d’une guerre civile totale et a par la flambée de violence menaçant Liban. »

Il est actuellement midi ce lundi à Chicago et il ne reste que quelques heures avant la conclusion du Sommet de l’OTAN. Nous reviendrons largement sur ses coulisses et sur ce qu’il faut en retenir dans le prochain billet.



Les promesses d’Hollande inquiètent

Laurence Parisot, la présidente du Medef, juge insupportable les 27 milliards d’euros de charges supplémentaires à l’étude et met en garde contre un coup de pouce au smic trop généreux.

Les promesses d'Hollande inquiètent dans Economie coeur-

Le «Parisot nouveau» est arrivé! Lors de sa conférence de presse mensuelle, la première depuis l’élection de François Hollande, la présidente du Medef s’est livrée mardi à une charge subtile mais très claire contre le nouveau président. Bien qu’elle ne soit «pas rentrée dans le vif des sujets» lors de ses rencontres avec Michel Sapin ou Arnaud Montebourg, la patronne des patrons a prévenu que «l’exigence de discipline budgétaire» ne doit pas être abandonnée. «La croissance est un objectif, une priorité, a-t-elle indiqué. Ce n’est pas une hypothèse, elle ne se décrète pas.»

Pour la présidente du Medef, la France décrochera si le chef de l’État met en œuvre son programme de campagne. «Nous sommes inquiets et surveillerons de près l’évolution de la fiscalité», a prévenu Laurence Parisot qui estime à 27 milliards d’euros le supplément de charges sociales et fiscales à venir pour les employeurs. «Je ne vois pas comment on améliorera le taux de marge des entreprises avec une telle hausse des prélèvements», s’est-elle alarmée.

Réserves sur le retour partiel à la retraite à 60 ans

Or, le taux de marge a reculé de 1,5 point en deux ans en France, à 28,6 %, alors qu’il s’est maintenu à 40 % en Allemagne. «Le taux de marge est la clé de tout, a-t-elle rappelé: des investissements, des créations d’emploi, de l’innovation, du pouvoir d’achat…» Pas question donc de procéder cet été à un coup de pouce au smic «trop généreux» afin de ne pas nuire un peu plus à «la compétitivité des entreprises» et du site France.

La présidente du Medef a également émis les plus grandes réserves sur le projet de décret en préparation de retour partiel à la retraite à 60 ans. «C’était un point important du programme de François Hollande, il a été élu, bien», a-t-elle pris acte, laconiquement. Outre des précisions sur les modalités de la mesure (les annuités retenues seront-elles cotisées ou validées?), Laurence Parisot s’est de surcroît interrogée sur le sort… des fonctionnaires. «Seront-ils concernés?, a-t-elle demandé. Si oui, cela n’a jamais été chiffré et devrait l’être.»

Une nouvelle réforme du marché du travail

La patronne des patrons a également fustigé l’impact financier d’un retour partiel à la retraite à 60 ans sur les régimes complémentaires: 2 milliards d’euros par an à partir de 2017, en plus des 5 attendus pour le seul régime général. «C’est un ordre de grandeur considérable qui pourrait annihiler les effets de la réforme de 2010, a-t-elle remarqué. L’Agirc(cadres) n’a plus les moyens de se financer à partir de 2014, et nous n’accepterons pas de hausse de cotisation en plus du 0,1 point annoncé par an pour le régime général.»

Si Laurence Parisot n’a enfin «pas de divergence sur la méthode» retenue pour la conférence économique et sociale de juillet - une sorte de «Grenelle» moderne avec des chantiers et un suivi régulier -, elle a tenu à en fixer les priorités pour le patronat: une réforme du marché du travail pour renforcer «l’employabilité compétitive» (nouveau concept medefien qui veut dire flexisécurité), le financement de la protection sociale (questions de santé incluses), la modernisation du dialogue social ainsi que la qualité de vie au travail.



Yémen : al-Qaida renaît de ses cendres

La révolution yéménite a permis à l’organisation terroriste de se décupler dans le pays.

Un militant d’al-Qaida s’est fait exploser en plein milieu d’un défilé de soldats yéménites à Sanaa, causant la mort d’une centaine d’entre eux. © Mohammed Huwais / AFP

Un militant d'al-Qaida s'est fait exploser en plein milieu d'un défilé de soldats yéménites à Sanaa, causant la mort d'une centaine d'entre eux.


Si le Printemps arabe a discrédité al-Qaida, la révolte pacifique se révélant plus efficace que le djihad pour se débarrasser du système en place, il est un seul pays où l’organisation terroriste a profité des manifestations populaires pour s’affirmer. Il s’agit du Yémen, où la contestation du président Ali Abdallah Saleh a permis aux islamistes de s’implanter dans le pays. « Al-Qaida a pleinement joué la carte des révolutionnaires yéménites, en étant présente aux côtés des manifestants, jusqu’à la chute du président Saleh », rappelle l’islamologue Mathieu Guidère*. « Les divisions au sein de l’armée, dont une partie a cessé de s’en prendre à l’organisation, ainsi que les alliances conclues avec les chefs tribaux opposés au maintien de Saleh au pouvoir, ont permis aux islamistes de s’emparer de plusieurs villes dans le Sud », ajoute le spécialiste.

Pour éviter d’être la cible des attaques américaines, al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa, basée au Yémen, mais dont le champ d’action se situe également en Arabie saoudite, NDLR) s’est scindée, au Yémen, en divers comités locaux. « Ansar Charia » (les défenseurs de la charia, NDLR) est né. Très vite, ces nouveaux groupuscules profitent de l’instabilité du pouvoir central pour administrer les villes de Jaar, et de Zinjibar, dans la province de Alyan (sud), où ils instaurent la charia. Police, justice…, aucun domaine ne leur échappe. Mais cette domination va prendre fin dès le départ du président Saleh pour les États-Unis, à la suite d’un accord de transition supervisé par l’Arabie saoudite.

Al-Qaida esseulée

Dès son élection, où il était le seul en lice, l’ex-vice-président de Saleh, Abd Rabbo Mansour Hadi, a appelé à l’union du pays, avec la bénédiction d’une armée réunifiée, et de chefs tribaux satisfaits. À la tête d’un pouvoir redevenu fort, le nouveau chef de l’État s’est recentré sur son principal objectif : sévir contre al-Qaida, désormais totalement esseulée. Pour atteindre cet objectif, il mise sur une action cordonnée de ses forces armées et de son allié américain. « Bénéficiant jusqu’ici d’une liberté totale dans sa lutte contre les djihadistes, les États-Unis jouaient la carte personnelle dans leur lutte contre le terrorisme islamique, de peur que celle-ci ne serve à Saleh pour se maintenir au pouvoir », explique Mathieu Guidère.

La donne change avec le nouveau pouvoir, qui a rapidement signé un accord de coopération avec Washington. Les Américains se chargent de l’élimination des chefs de l’organisation depuis les airs, tandis que Sanaa mène de vastes offensives terrestres contre les combattants. Les résultats ne se font pas attendre. Les raids aériens de drones américains permettent notamment l’élimination le 6 mai dernier du dirigeant d’al-Qaida Fahd al-Quso, recherché pour l’attentat contre l’USS Cole en 2000. Sur le terrain, l’armée yéménite met en oeuvre d’impressionnants moyens pour reprendre les villes de Zinjibar et Jaar. Depuis le 12 mai, elle se livre à des bombardements à l’arme lourde contre les positions tenues par Ansar Charia, en plus des actions commando qui sont lancées. En dix jours, 158 combattants d’al-Qaida sont abattus, contre 59 soldats yéménites et 17 civils.

Vengeance terroriste

« Al-Qaida a subi dernièrement des coups très durs », note Mathieu Guidère. « L’organisation n’a pas digéré ces attaques et s’est préparée à les venger. » Marque de fabrique de l’organisation terroriste, l’horreur a frappé Sanaa en plein coeur. Lundi, au cours de la préparation du défilé militaire célébrant le 22e anniversaire de l’unification du pays, un homme portant l’uniforme militaire s’est fait exploser sur la place Sabiine, provoquant un carnage. Une centaine de soldats ont perdu la vie, et trois cents ont été blessés. Al-Qaida, qui a affirmé viser le ministre de la Défense et le chef d’état-major, tous deux assis dans une tribune proche de l’explosion, a promis de nouvelles attaques pour venger les siens.

En apprenant la nouvelle, le président américain Barack Obama s’est déclaré « très préoccupé par les activités d’al-Qaida et des extrémistes au Yémen ». Il faut dire qu’al-Qaida dans la péninsule arabique a récemment chargé un de ses partisans de perpétrer un attentat-suicide à bord d’un avion de ligne, grâce à une bombe indétectable aux rayons X. Ainsi, les Américains ne doivent leur salut qu’à ce terroriste volontaire. Il s’agissait en réalité d’un agent double travaillant pour le compte de la CIA.
(*) Mathieu Guidère, professeur d’islamologie à l’université de Toulouse-II, auteur du Printemps islamiste (éditions Ellipses).



Ligue des champions : un Drogba héroïque offre la victoire à Chelsea

Les joueurs de Chelsea célèbrent leur victoire en finale de la Ligue des champions face au Bayern, le 19 mai à Munich.

« Le football est un sport inventé par les Anglais, qui se joue à onze contre onze, durant 90 minutes, et à la fin ce sont toujours les Allemands qui gagnent. » Gary Lineker, mythique attaquant anglais des années 80, peut définitivement revoir sa sentence. Après Manchester United en 1999, Liverpool en 2005, Chelsea a remporté la finale de la Ligue des champions aux tirs au but (1-1, 4 t.a.b à 3) face au Bayern Munich au terme d’un match au scénario hitchcockien. Didier Drogba, auteur du but de l’égalisation dans les dernières minutes du temps réglementaire et du dernier pénalty offrant la première victoire en C1 de son club, est le grand artisan d’un succès décroché au bout du suspense.

Le Bayern Munich partait pourtant favori dans son antre de l’Allianz Arena. Les Munichois ont d’ailleurs crû tenir la victoire jusqu’à la 88e minute. C’était sans compter sur un immense Didier Drogba et un non moins décisif Petr Cech. Chelsea se présente au coup d’envoi avec une équipe fortement diminuée. Aux suspensions de Terry, Ramires, Ivanovic et Raul Meireles vient s’ajouter la blessure du Français Florent Malouda qui débute sur le banc. Surprise du chef, Ryan Bertrand, 22 ans, fait ses grands débuts en coupe d’Europe, une situation inédite puisqu’il est le premier joueur de l’histoire à débuter son expérience en Ligue des Champions lors d’une finale. Le Bayern Munich, également affaibli dans le secteur défensif avec les absences de Badstuber, Alaba et Luiz Gustavo, aligne le milieu ukrainien Tymoschuk dans l’axe central.

UN BAYERN DOMINATEUR MAIS IMPRÉCIS

Les Anglais, disposés en 4-2-3-1 avec le seul Drogba en pointe, débutent la rencontre avec la volonté de bloquer les couloirs. Robben et Ribéry sont sans cesse chassés par deux défenseurs. Le Bayern monopolise le ballon, obtient quelques corners, mais sans se montrer véritablement dangereux. Il faut attendre la 21e minute pour voir la première occasion digne de ce nom avec une frappe de Robben dans la surface qui heurte le montant du gardien de Chelsea Petr Cech. A la 36e minute, Ribéry décale Contento dont le centre arrive sur Muller qui peut reprendre de volée mais son tir manque le cadre. Juste avant la mi-temps, Robben trouve Gomez qui efface son vis à vis d’une belle feinte de corps. La frappe est en revanche complètement manquée et le ballon s’envole au dessus du but.

Comme attendu, le Bayern domine son adversaire mais n’arrive pas à mettre de la folie et surtout de la vitesse dans ses attaques. Chelsea de son côté défend à 10 mais se montre dangereux sur contre. Les deux équipes regagnent les vestiaires sur un score nul et vierge. On se dit alors que les Londoniens, bien que dominés, ont un bon coup à faire.

CHELSEA FINIT PAR CRAQUER

La deuxième mi-temps repart toutefois sur les mêmes bases. Ribéry pense même ouvrir le score mais le Français est signalé, à raison, en position de hors-jeu (53e). Toutes les tentatives des Bavarois se heurtent à la vaillance des joueurs de Cheslea. Un pied, un genou, une hanche, toute l’anatomie du corps humain est mise à contribution pour faire face aux offensives des joueurs munichois. A un quart d’heure de la fin du match, le Bayern Munich comptabilise déjà 24 frappes au but !

Et ce qui devait arriver arriva. Sur un centre parfaitement ajusté de Toni Kroos, le milieu de terrain Thomas Müller surgit au deuxième poteau et profite d’une mésentente des défenseurs de Chelsea pour placer une tête piquée qui touche la transversale avant de rentrer dans le but (82e). L’Allianz Arena explose. Le match est plié, croit-on. Le Bayern va remporter la cinquième Ligue des champions de son histoire.

ET DIDIER DROGBA SURGIT…

C’était sans compter sur le légendaire fighting spirit des Anglais. Le Bayern Munich en avait déjà fait l’amère expérience en 1999 lorsque Manchester United avait inscrit deux buts dans les arrêts de jeu pour priver les Allemands d’une victoire promise en Ligue des champions. Cinq minutes après l’ouverture du score du Bayern, Didier Drogba égalise d’une splendide tête sur corner (88e). Les deux équipes disputeront les prolongations.

Chelsea, fort de son égalisation dans les dernières minutes du temps réglementaire, prend l’ascendant sur des joueurs du Bayern complètement sonnés. Mais il était écrit que ce match serait fou jusqu’au bout. Didier Drogba, généreux dans l’effort, trop peut-être, crochète Ribéry dans la surface. L’arbitre désigne le point de pénalty. Robben se charge de la sentence mais la frappe du Néerlandais est bien stoppée par Petr Cech. A l’autre bout du terrain, Drogba remercie Dieu. Il pourra également allumer un cierge en l’honneur de son gardien.

Petr Cech se montre en effet une nouvelle fois décisif dans la fatidique séance des tirs au but. Là encore, le Bayern pensait avoir fait le plus dur en prenant l’avantage grâce à Manuel Neuer, auteur d’un arrêt, et qui a également transformé son tir au but. Mais Olic et Schweinsteiger se heurtent au désormais incontesté meilleur gardien du monde, Petr Cech. Didier Drogba se présente alors devant le portier allemand pour le tir de la victoire. L’Ivoirien ne tremble pas. La désillusion est cruelle pour les joueurs du Bayern qui s’effondrent sur la pelouse. Les joueurs de Chelsea peuvent brandir la Coupe aux grandes oreilles, si ardamment convoitée par son propriétaire Roman Abramovich. Jusqu’au bout de la nuit, cette rencontre aura tenu toutes ses promesses.



L’amour de la France

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