Bruxelles voit les transports du futur en grand

EURO CARGO RAIL fret train transport
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La Commission européenne veut des villes sans voitures à moteur thermique d’ici à 2050. Elle a recommandé lundi aux Etats membres de trouver 1500 milliards d’euros à cette échéance, pour financer les infrastructures de transports et les véhicules du futur.

 

Les propositions de Bruxelles visent quatre objectifs. Le premier est de supprimer les véhicules à essence dans les villes. Le deuxième consiste à porter à 40% la part des carburants durables à faible teneur en carbone dans l’aviation. Le troisième est de réduire d’au moins 40% les émissions du transport maritime. Et le quatrième concerne le transfert du transport routier de marchandises de plus de 300 km sur d’autres modes de transport comme le rail et les voies navigables. Un report qui devrait se faire à hauteur de 30% en 2030 jusqu’à 50% en 2050.

Les taxes et les frais devraient être plus élevés pour les véhicules polluants en application du principe du pollueur payeur. Bruxelles propose également d’exploiter le potentiel des rivières européennes. Le passage aux voitures électriques et aux véhicules propres est en outre un objectif clé.

Grâce à ces mesures, il sera possible d’obtenir une réduction de 60% des émissions liées aux transports d’ici le milieu du siècle, argue le document.

Gagnants et perdants

« Nous sommes très contents que le commissaire Kallas plaide pour un réseau de fret ferroviaire paneuropéen », se réjouit Jean-Michel Dancoisne, le lobbyiste déclaré de la SNCF à Bruxelles interrogé par l’Usine Nouvelle. Il estime que ce livre blanc permet au rail de prendre toute sa place. « On a obtenu gain de cause sur la nécessite de séparation entre opérateur des trains et gestionnaire des réseaux ferrés, généralisée à l’ensemble de l’Europe. Il nous faut des corridors à gouvernance européenne. Attribution des sillons, fixation du niveau des péages, règles de priorité… Il faut que cela soit géré par une main unique ! » Bruxelles a d’ores et déjà chargé l’ERA, située à Valenciennes, de mettre en œuvre une certification des trains unique.

 

Le lobbyiste rappelle que sur le Thalys Paris-Amsterdam, couvrant une distance de 500 km, les trains doivent s’adapter à trois gestionnaires de réseau différents, avec des règles distinctes pour les retards, ou le traçage des trains de banlieue. « Le rail a besoin d’Europe », insiste-t-il. Un seul regret : que le livre blanc ne mentionne pas la nécessité d’un régulateur européen, chargé d’harmoniser, de coordonner, et créer une jurisprudence des régulateurs nationaux. « Comme pour les télécoms ou l’énergie« .

Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR), se montre lui moins optimiste. « D’un côté, on essaie de mettre en place des transports durables, de l’autre, on libéralise le transport routier en Europe à tel point que c’est la course au low cost ». La voix du transport de marchandises par la route rappelle que 80% de la circulation des biens se fait sur le bitume, et que cela ne va pas changer du jour au lendemain. Il croit plutôt au financement des innovations vertes sur les véhicules, plutôt qu’aux objectifs ambitieux sur une révolution de la mobilité.

L’épineuse question du financement

Reste à déterminer si les objectifs du document sont réalistes. « Il s’agit d’un document de vision. Il n’a pas valeur législative« , a reconnu le commissaire en charge des Transports Siim Kallas en présentant son « livre blanc ». « Mais il sera suivi d’actions« , a-t-il promis.

Pour l’instant, la Commission européenne se contente de proposer, sans imposer, et elle se dit très consciente des limites financières des gouvernements européens.



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