La filière nucléaire suspendue aux recommandations de « l’oracle Roussely »

PARIS – Divisée et à peine remise d’un important revers à l’exportation, l’industrie nucléaire française est suspendue aux conclusions d’un rapport commandé par le président Nicolas Sarkozy pour renforcer les chances de la France sur le marché prometteur de l’atome civil.

Rédigé par l’ancien patron d’EDF François Roussely, il doit donner des pistes à l’Etat pour éviter que ne se reproduise le cuisant échec de l’appel d’offre d’Abou Dhabi en décembre dernier.

Areva, EDF, GDF Suez et Total s’étaient fait alors souffler par les Coréens un contrat de 20 milliards de dollars pour construire 4 réacteurs, dans un contexte de fortes dissensions internes.

M. Roussely et les experts qui l’épaulent ont auditionné quelque 200 personnes et avaient prévu de rendre leurs recommandations avant la fin avril. La remise officielle à M. Sarkozy n’aura lieu qu’en mai, en raison d’un agenda présidentiel chargé.

L’Etat va « mettre de l’ordre » dans la filière, avait promis Nicolas Sarkozy mi-mars.

« Au minimum, il faut que la filière s’organise pour que les équipes de France ne se fassent pas concurrence de façon contre-productive », avait-il jugé.

L’industrie nucléaire française a laissé éclater ses querelles au grand jour en début d’année, quand Areva et EDF se sont écharpés sur des contrats de recyclage et d’enrichissement d’uranium.

A tel point que le Premier ministre François Fillon avait dû intervenir en convoquant les deux patrons à Matignon.

La guerre nucléaire avait été ravivée en novembre par la volonté du nouveau patron d’EDF, Henri Proglio, de remettre son groupe à la tête du secteur.

Car, historiquement, c’est EDF qui dirige l’industrie nucléaire française: « la France a développé l’énergie nucléaire sur un schéma de production essentiellement national où EDF faisait appel à des fournisseurs. Les rôles étaient clairement établis et fixés », expliquait ainsi récemment Bernard Bigot, administrateur général du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA).

Mais « aujourd’hui, l’essentiel du marché nucléaire n’est plus le marché national, c’est le marché international », soulignait-il.

Avec l’ouverture du marché mondial, Areva a ainsi été amené à prendre la direction du chantier du réacteur nucléaire EPR de Finlande, un rôle traditionnellement dévolu à EDF.

De la même manière, le nouveau géant de l’énergie GDF Suez revendique lui aussi un rôle de constructeur de centrale en France, comme à l’étranger.

Quelque 500 réacteurs nucléaires pourraient être mis en service dans le monde d’ici à 2030, un marché de plusieurs centaines de milliards d’euros.

Le rapport Roussely pourrait préconiser la création d’un « comité stratégique », chargé de piloter la filière « directement rattaché au Premier ministre, sous contrôle étroit de l’Elysée » pour gagner une part de ce marché, écrivait Le Figaro en mars.

Ce comité « examinera les projets nucléaires des pays étrangers et pourrait décider de la constitution de l’équipe de France qui y participerait selon l’origine et la nature des demandes », ajoutait-il.

Ces pistes n’ont pas été confirmées par l’entourage de François Roussely.

Ce qui est certain en revanche, c’est que M. Roussely n’entend pas prendre partie dans la guerre sourde qui oppose son ami Henri Proglio et la patronne d’Areva, Anne Lauvergeon.

« Il n’y aura rien dans le rapport qui puisse nourrir un procès contre Anne Lauvergeon », indique-t-on dans son entourage.

La patronne d’Areva a été ces derniers mois au coeur de rumeurs de limogeage. Mais se mêler des querelles de personnes aboutirait à réduire la portée d’un rapport censé fixer les perspectives de l’industrie nucléaire à l’horizon 2030, selon la même source.

AREVA

EDF

GDF Suez

TOTAL

(©AFP / 30 avril 2010 17h08)



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