Europe Ecologie cherche adhérents pour exister

Les militants d'Europe Ecologie vont avoir à trancher entre les  différents modes d'organisations proposés par Daniel Cohn-Bendit et  Cécile Duflot.
Les militants d’Europe Ecologie vont avoir à trancher entre les différents modes d’organisations proposés par Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot. Crédits photo : AFP

Le rassemblement écologiste lance une campagne d’adhésion sur internet et veut se structurer avant la fin de l’année. L’éventuelle dissolution des Verts au sein de cette nouvelle organisation reste une pierre d’achoppement.

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Fort de son succès aux régionales, Europe Ecologie passe à la vitesse supérieure. L’organisation écologiste, qui n’était jusqu’alors qu’un rassemblement de circonstance, a élaboré un calendrier aboutissant à sa structuration en une «force pérenne». Concrètement, Europe Ecologie, qui vient de recruter deux salariés permanents, va se doter d’instances dirigeantes et d’un siège. Les principales caractéristiques d’un parti politique sont donc réunies, même si personne n’ose encore évoquer le terme, préférant parler d’une «maison commune».

 

Le processus, qui a été discuté au sein du comité de pilotage du mouvement, débute ce vendredi avec le lancement d’une campagne d’adhésion sur internet. Pour 20 euros – 10 pour les chômeurs et les étudiants -, il est désormais possible d’adhérer directement à Europe Ecologie sans passer par les Verts, le parti écologiste historique. Les militants qui ont leur carte chez les Verts deviennent, eux, directement adhérents d’Europe Ecologie. Objectif : atteindre rapidement 20.000 adhérents, 8.000 de plus que les seuls Verts, correspondant environ au nombre de sympathisants ayant œuvré pour Europe Ecologie lors des régionales.

 

 

La balle dans le camp des adhérents

 

Deuxième phase du calendrier, le débat. La question cruciale de la forme que doit prendre la structure reste à trancher. Au cœur de cette discussion réside l’avenir des Verts. Si Daniel Cohn-Bendit milite pour une «organisation unique», qui réunirait toutes les composantes du rassemblement – Verts, CAP 21, associations écologistes – au sein d’une structure centralisée, la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot refuse d’acter la dissolution de son parti au sein d’Europe Ecologie et prône une formation fédéraliste. A la mi-avril, elle avait appelé à une de ses voeux «une construction commune différente» de celle proposée par «Dany», refusant un parti-supporter entièrement dédié à une personnalité».

 

Le 15 avril, les deux leaders écologistes se sont rencontrés à Paris pour tenter d’apaiser leurs différends. L’explication a été «franche et sincère», selon le numéro deux des Verts, Jean-Vincent Placé, qui a reconnu des «divergences», mais aucune solution n’a réellement émergé. D’où l’idée de faire participer les nouveaux adhérents d’Europe Ecologie aux débats. Ils auront la lourde responsabilité de trancher entre les deux projets lors d’un vote organisé au cours d’assises nationales, en novembre. Un rendez-vous important qui est préparé dès maintenant par les militants écologistes : la question de vote sera abordée le 8 mai, lors des conventions régionales d’Europe Ecologie, puis le 6 juin, au cours d’une convention nationale.

 

 

2012 en ligne de mire

 

En attendant d’être fixés sur leur avenir, les Verts ne veulent pas s’enliser dans des querelles internes. «Il faut qu’on continue à avancer», explique au figaro.fr Jean-Louis Roumégas, porte-parole des Verts. Evoquant le débat des retraites – sur lequel Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit peinent aussi à s’accorder – et du Grenelle II, il assure vouloir conserver la réactivité qui a fait la force d’Europe Ecologie. «L’intérêt du rassemblement était d’être branché vers l’extérieur. Il ne faut pas que ces débats durent trop longtemps et nous coupent des débats dans la société», explique Jean-Louis Roumégas.

 

Pour clarifier la situation, certains cadres des Verts préfèrent tabler d’ores et déjà sur une dissolution de leur mouvement. A l’instar d’Yves Cochet, qui a assuré sur Europe 1 que «les Verts vont se fondre dans Europe Ecologie». «On ne va pas faire des doubles ou des triples organisations», explique le député du XIVe arrondissement de Paris. Un raisonnement que partagent les élus d’Europe Ecologie qui ne font pas partie des Verts. Comme Jean-Paul Besset, député européen proche de Daniel Cohn-Bendit et de Nicolas Hulot : «Au niveau des grands choix, il faut que tous les militants, qu’ils soient Verts ou non, soient sur un pied d’égalité. Le but est n’est pas de créer une organisation concurrente, mais de dépasser notre état actuel. Cela passe par une métamorphose des Verts», explique-t-il au figaro.fr.

 

Si certaines divergences subsistent au sein des Verts sur la dissolution de leur pari au sein d’Europe Ecologie, le mouvement vers un rassemblement durable fait consensus. Pour les Verts et leurs compagnons de route, c’est un passage obligé pour espérer s’imposer comme une formation incontournable à l’aube de la présidentielle de 2012. Et Jean-Louis Roumégas de renchérir : «Nous voulons devenir la force politique du XXIe siècle».



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