PSA et BMW vont développer ensemble de nouveaux moteurs

PSA Peugeot Citroën et BMW annoncent un accord pour développer ensemble une nouvelle génération de moteurs à essence, étape supplémentaire dans la coopération entre les deux groupes.

L’accord a été signé le 27 janvier dernier à Paris entre le président du directoire de PSA, Philippe Varin, et le président du directoire de BMW, Norbert Reithofer, ont indiqué les deux constructeurs dans un communiqué commun.

« Les deux sociétés se sont engagées à développer la prochaine génération de moteurs 4 cylindres essence qui répondra à la norme Euro 6″, ont-ils précisé.

Cette future norme européenne sur les émissions polluantes doit entrer en vigueur fin 2014 et sera plus stricte qu’Euro 5, la norme actuellement en vigueur pour les voitures neuves.

Les moteurs actuels que PSA et BMW conçoivent conjointement équipent plusieurs modèles de Mini ainsi que 75% des voitures Peugeot et Citroën à moteur essence. Ils sont produits sur le site PSA de Douvrin (Pas-de-Calais) pour la partie française, et en Grande-Bretagne pour la Mini.

VERS UNE COOPÉRATION ÉLARGIE

PSA et BMW, dont la collaboration remonte à 2002, ont également confirmé qu’ils examinaient d’autres domaines de coopération, tant au niveau des composants que des systèmes, sans préciser davantage à quel domaine ils envisageaient d’élargir leur travail commun.

L’objectif est « de bénéficier de synergies dans le développement, les achats et la production », ont-ils simplement indiqué.

Tous les constructeurs automobiles, confrontés à des surcapacités structurelles sur les marchés matures et ébranlés de plein fouet par la crise de la demande en 2008-2009, multiplient les collaborations et les alliances pour réduire leurs coûts et accéder à de nouveaux marchés.

Outre sa coopération avec BMW dans les moteurs essence, PSA travaille avec l’américain Ford dans les moteurs diesel. La collaboration peut aller plus loin avec des véhicules conçus sur des plateformes communes, comme avec l’italien Fiat dans les utilitaires ou avec les japonais Toyota et Mitsubishi, d’une part dans les petites voitures et d’autre part dans les 4X4 et l’électrique.

Avec Mitsubishi, le partenariat pourrait aller encore plus loin, le président du directoire du constructeur nippon ayant indiqué le mois dernier qu’une alliance en capital était possible, tout en précisant que la question n’était pas au coeur des discussions que les deux groupes ont actuellement.

Gilles Guillaume, édité par Cyril Altmeyer



La méthode Toyota plombe aussi PSA

Mis à jour le 01.02.10 à 09h48  |

Les déboires de Toyota touchent désormais PSA. Le constructeur français a annoncé samedi qu’il allait rappeler jusqu’à 100 000 Peugeot 107 et Citroën C1, produites entre février 2005 et août 2009 dans son usine tchèque de Kolin. Le groupe a relevé les mêmes défauts sur les pédales d’accélération que le numéro un mondial Toyota, avec lequel il partage cette usine.

Ce constat survient alors que le japonais se voit obligé de rappeler des millions de voitures (huit modèles) aux Etats-Unis, au Canada, en Chine et en Europe pour cette raison. A tel point que le président du groupe, Akio Toyoda, s’est excusé samedi en personne pour ce problème. Si la direction de PSA affirme agir à titre « préventif », les syndicats sont plus critiques. Pour la CGT de Peugeot-Sochaux (Doubs), cet épisode illustre « les limites du toyotisme », une méthode de production qui impose « un minimum de temps d’étude et de conception, de moyens, de personnel et de salaire ».



Un pas de plus vers la fusion nucléaire

Marc Mennessier
01/02/2010 | Mise à jour : 12:06
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Une équipe américaine a obtenu une température record de 111 millions de degrés Celsius.

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Des scientifiques américains viennent de franchir une étape clé vers la maîtrise de la fusion nucléaire par «confinement inertiel», une voie alternative à celle qui sera explorée dans le futur réacteur Iter, en cours de construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône). Il s’agit dans les deux cas de pouvoir disposer un jour d’une source d’énergie quasiment illimitée et propre. Autrement dit sans gaz à effet de serre et avec un volume très réduit de déchets.

 

La fusion est la réaction qui fait briller le Soleil et les étoiles. Elle se produit au cœur de ces astres quand la matière atteint, sous l’effet de la gravitation, des températures très élevées (de l’ordre de 100 de millions degrés Celsius !). Dans ces conditions extrêmes, les noyaux des atomes, en général des isotopes de l’hydrogène (deutérium et tritium), fusionnent pour donner de l’hélium. La masse totale des noyaux produits étant inférieure à la masse de départ, la différence se traduit par une libération d’énergie en vertu de la célèbre formule d’Einstein ­E = mc2. Reproduire cette réaction sur Terre, pour fournir de l’énergie en continu, revient ni plus ni moins à mettre le Soleil en boîte… Un défi énorme que les physiciens tentent de résoudre en gros de deux manières : en confinant la matière sous forme de plasma dans un champ magnétique extrêmement puissant pendant un temps très long (c’est la voie choisie par le projet Iter) ou en la portant à très haute pression et à très haute température pendant quelques fractions de secondes comme tentent de le faire les chercheurs du National Ignition Facility (NIF).

 

 

Processus de la bombe H

 

 

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Vendredi dans la revue Science, ces derniers expliquent avoir réussi, pour la première fois, à franchir la barrière d’un mégajoule en concentrant 192 rayons laser de grande puissance dans un tube pas plus grand qu’un taille-crayon, rempli de deutérium et de tritium. Ce faisant, ils ont atteint pendant quelques milliardièmes de seconde une température de 111 millions de degrés Celsius, trente fois plus élevée que celles obtenues jusqu’à présent par les autres groupes de laser dans le monde !

 

«Le NIF a montré sa capacité à produire suffisamment longtemps l’énergie requise pour mener des expériences de fusion plus tard cette année», se félicite Ed Moses, le directeur du NIF, qui fait partie du Laboratoire Lawrence Livermore en Californie. «Franchir la barrière du mégajoule nous rapproche du déclenchement de la fusion nucléaire et montre le potentiel énorme de l’un des plus grands défis scientifiques et d’ingénierie de notre époque», a déclaré de son côté Thomas D’Agostino, le directeur de la NNSA (National Nuclear Security Administration).

 

La technique du confinement inertiel est toutefois très complexe à maîtriser dans l’optique de produire de l’électricité. Il faudra en effet se révéler capable à terme d’éclairer la cible environ dix mille fois par seconde pour fournir de l’énergie en continu. En revanche, elle est utilisée, notamment en France avec l’installation Laser Mégajoule établie l’an dernier à Bordeaux, pour simuler une explosion nucléaire. La fusion est en effet le processus à l’œuvre dans la bombe H…

 

Pour les applications civiles, la voie du confinement magnétique dans un Tokamak semble plus prometteuse. C’est au JET (Joint European Torus), près d’Oxford (Angleterre) que la première fusion contrôlée a été réalisée en 1991 avec un record d’énergie de 22 mégajoules obtenu six ans plus tard. D’un montant de dix milliards de dollars, le projet Iter lancé en 2006 par l’Union européenne, le Japon, la Chine, la Russie, les États-Unis, la Corée du Sud et l’Inde vise une puissance de 500 mégawatts électrique pour 50 MW injectés. Soit un rapport de un à dix (il est pour le moment de 0,65…). Nul ne sait si l’objectif sera atteint ni quand nos centrales électriques utiliseront la même énergie que celle des étoiles. Une chose est sûre, ce ne sera pas une alternative à la 4e génération des réacteurs à fission nucléaire (où l’énergie est libérée en cassant les atomes comme c’est le cas actuellement dans les centrales) prévue à l’horizon 2040.



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