Air France réceptionne son premier A380

La compagnie est la première en Europe à se doter du nouvel Airbus gros-porteur, qui lui a été livré ce vendredi à Hambourg, en Allemagne. Elle le voit comme son arme anticrise, mais elle peinerait à le financer.

 

Air France doit réceptionner ce vendredi son premier Airbus A 380 sur le site d’Airbus de Hambourg, en Allemagne. L’avion, immatriculé F-HPJA, s’est posé à Paris-Charles de Gaulle à 16 h 27, pour ainsi rejoindre sa base. La compagnie est la pre­mière compagnie européenne à prendre possession du nouveau gros-porteur d’Airbus, après Singapore Airlines, Emirates et Qantas.

 

L’A 380 d’Air France peut accueillir 538 passagers en trois classes: 9 en première, 80 en classe affaires, 449 en économique. C’est plus de sièges que chez Singapore Airlines ou Emirates, qui ont mis l’accent sur l’espace et le confort à bord.

 

Le premier vol commercial d’Air France de cet A 380 aura lieu le 20 novembre entre Paris et New York. Le nouvel appareil volera ensuite sous l’indicatif AF 006 et assurera la prestigieuse liaison Paris-New York de 13 h 15. «C’est sur ce vol que nous lançons tous nos nouveaux ­avions, explique un membre du personnel navigant commercial d’Air France. Cela a été le cas notamment des Boeing 747 et 777». «Au départ, on ne pensait même pas le mettre sur Paris-New York, car le vol est trop court, explique un cadre de la compagnie. On mise sur l’effet d’image». L’A 380 devrait être mis en service sur l’axe Paris-Tokyo dès le début de l’année prochaine. Air France annonce qu’elle exploitera quatre Airbus A 380 en 2010. «Cet avion est parfait pour les axes longs-courriers à plusieurs fréquences quotidiennes comme le Paris-Tokyo, détaille un cadre d’Air France. Mais sur des lignes à deux rotations par jour, il n’est plus pertinent : en passant à une fréquence par jour en A 380, nous couvrons moins bien la journée que nos concurrents».

 

Air France assure pour l’instant qu’elle dispose des moyens d’honorer ses 12 commandes d’A 380, qui doivent s’étaler jusqu’en 2012. La compagnie a déjà annoncé un report de commande des sixième et septième exemplaires. Mais des rumeurs ont couru sur d’éventuels nouveaux reports.

 

 

Diminuer les coûts de 15%

 

 

«Cet avion est facile à exploiter puisqu’il permet de faire des économies sur des lignes déjà existantes, explique une source proche du dossier. Mais il relance les investissements : ça peut coincer du point de vue du cash, même si l’A380 est plus ren­table».

 

La compagnie française, qui traverse actuellement une passe difficile, attend pourtant beaucoup de ce nouvel avion, qu’elle présente comme son arme anticrise. Le gros-porteur, qui a permis à Air France de retarder des commandes de Boeing 777 et d’économiser 2,5 milliards d’euros, peut en effet remplacer deux avions classiques. Le Paris-New York de 16 h 50 en Boeing 777-200 et le Paris-New York en Airbus A 340 de 17 h 55 seront remplacés par un seul vol en A 380. Le pont supérieur de l’appareil a en effet la capacité d’un A 340 et son pont inférieur celle d’un B 777.

 

Air France estime que l’A 380 peut réduire ses coûts par passager de 15 %. «Mais, explique un cadre, il faut ramener ces économies au nombre d’avions commandés - douze - et aux lignes concernées pour comprendre qu’il ne pourra faire seul des miracles.»



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