Nucléaire : un rapport de l’AIEA met en cause l’Égypte

Maurin Picard, à Vienne
08/05/2009 | Mise à jour : 22:35
figcom_sep_bulle=’avec’; | Commentaires Nucléaire : un rapport de l'AIEA met en cause l'Égypte   bulle_comment 19 figcom_sep_bulle=false; |ajouter-selection Ajouter à ma sélection .

–>

L’AIEA est inquiète après la découverte de traces d’uranium hautement enrichi en Égypte. Le Caire réfute catégoriquement les allégations de l’agence.

coeur-

À quelles activités les scientifiques égyptiens se livrent-ils ? Selon un rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en partie dévoilé mercredi par des diplomates à Vienne, des traces d’uranium hautement enrichi (UHE) auraient été découvertes à deux reprises, en 2007 et 2008, sur le site du petit réacteur de recherche d’Inshas, le seul du pays, qui n’entretient pas de programme nucléaire de production d’électricité et n’a jamais cherché à se doter de la bombe atomique.

 

Ces particules, indique le rapport, côtoyaient d’autres particules d’uranium faiblement enrichi (UFE), et l’enquête visant à établir leur origine n’est pas achevée. L’uranium hautement enrichi ne sert aucun but civil, ce qui a suffi pour déclencher l’inquiétude des inspecteurs de l’agence. D’après les critères de l’AIEA, l’uranium enrichi à plus de 20 % relève d’applications militaires, un programme nucléaire civil pouvant très bien fonctionner avec de l’uranium à moins de 5 %. Une ogive nucléaire requiert quant à elle de l’uranium enrichi à plus de 90 %. Si le taux d’enrichissement n’a pas été précisé dans le rapport, des diplomates confirment que le degré de concentration de la matière fissile dépassait celle couramment admise pour des applications civiles.

 

Ce n’est pas la première fois que l’Égypte est pointée du doigt par le «chien de garde nucléaire» de l’ONU. En 2004, les services de recherche de l’AIEA, concentrés au sein d’une cellule de veille baptisée Nutran (Nuclear Trade Analysis), avaient découvert par le biais de publications scientifiques égyptiennes disponibles sur Internet que des expériences sur de l’uranium enrichi étaient menées sans que l’AIEA en soit informée.

 

 

Informations «erronées»

 

À l’issue d’un rapport présenté par les enquêteurs devant le conseil des gouverneurs de l’agence en 2005, Le Caire avait dû faire son mea culpa, avant d’être ultérieurement blanchi de tout soupçon quant à d’éventuelles intentions nucléaires.

 

Piqué au vif, le régime de Mohammed Hosni Moubarak a cette fois vigoureusement nié les allégations du rapport, arguant qu’il s’agissait de la même affaire que la précédente. Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Hossam Zaki, a lui déclaré que ces informations étaient «erronées et anciennes». Le rapport reproduit quant à lui une autre justification avancée par les Égyptiens, selon lesquels la matière fissile «aurait pu être amenée dans le pays par le biais de containers de transport d’isotopes contaminés».

 

Après avoir renoncé à toute ambition nucléaire à la suite de l’accident de Tchernobyl en 1986, l’Égypte envisage à nouveau de construire sa première centrale nucléaire pour pallier à ses besoins énergétiques. Comme ailleurs au Moyen-Orient, l’AIEA redoute que ces visées civiles n’alimentent à terme une course aux armements nucléaires dans la région, face à la bombe israélienne et à la menace iranienne latente.



Laisser un commentaire

brest2008terresetmersdebret... |
Commune de GODEWAERSVELDE |
syndicalisme |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | LA GRIPPE PORCINE
| Kevin Long Production
| animaux