La rémunération des grands patrons dans le collimateur

Par Marc Vignaud (source AFP)

La rémunération des grands patrons dans le collimateur

Nicolas Sarkozy a toujours tenu un discours ferme contre les « patrons voyous » mais a toujours été réticent à légiférer pour encadrer les rémunérations de l’ensemble des dirigeants d’entreprise © Gérard Cerles/AFP

 

« Je n’hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être encadrés. Il y a eu trop d’abus, trop de scandales. » À défaut, « nous réglerons le problème par la loi avant la fin de l’année ». Ce discours, Nicolas Sarkozy l’a tenu le 25 septembre dernier à Toulon. Auparavant, pendant sa campagne présidentielle, le candidat de l’UMP n’avait pas hésité à dénoncer « les patrons voyous » qui bénéficient de parachutes en or. Depuis, rien ne semble avoir changé, malgré les mesures déjà adoptées comme le plafonnement des indemnités de départ déductible du revenu imposable des entreprises.

Mercredi dernier, la Société Générale a annoncé qu’elle allait distribuer 320.000 stock-options (1) à bas prix à ses dirigeants alors qu’elle a bénéficié de 1,7 milliard de l’État pour renforcer ses fonds propres. Et lundi soir, on a appris que l’ancien pdg de Valeo, Thierry Morin, allait toucher un parachute doré de 3,2 millions d’euros alors que l’entreprise supprime 1.600 emplois. Deux scandales qui relancent avec force les débats sur la rémunération des patrons.

Il y a quelques mois à peine, le Medef et l’Afep (Association françaises des entreprises privées) ont pourtant élaboré, sous la pression de l’Élysée,  un code de déontologie encadrant la rémunération des dirigeants qu’une large majorité des grandes entreprises se sont engagées à respecter. Le ministre du Budget, Éric Woerth, a bien été obligé lundi de « constater que ça ne marche pas ». Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, avait fait le même constat vendredi, cette fois à propos des stock-options de la Société Générale : « En ce moment, cela me paraît un peu contradictoire avec le mode de gouvernance qui a été proposé par le Medef et l’Afep (…) validé par 94 % des entreprises », a-t-il assuré. Celui-ci prévoit en effet qu’en matière de stock-options, « les entreprises prohib[ent] les effets d’aubaine tenant à un marché baissier ». Or, le cours du titre de la Société Générale a baissé de plus de 14 % depuis le début de l’année…

« Le système actuel ne peut plus durer » (Xavier Bertrand)

Dimanche, c’est Christine Lagarde qui s’en est pris sur Europe 1 à la nature même de cette rémunération variable « qui présente des tas de faiblesses ». D’après la ministre de l’Économie, quand les actions baissent, les salariés qui en ont reçu sont un peu floués, et quand les actions montent extraordinairement, c’est une augmentation de la rémunération qui n’est pas toujours justifiée ». Or, de l’aveu de la locataire de Bercy, les cours de Bourse ont « souvent peu de relations avec les performances réelles de l’entreprise ». La ministre va donc lancer une réflexion avec le patronat et les syndicats sur les stock-options. « S’il faut passer par la loi, on passera par la loi. » Il y a de « multiples méthodes », en particulier « la voie fiscale », a-t-elle prévenu.

Désormais, les politiques s’accordent presque tous pour affirmer, à l’image du secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand, que « l’on ne peut plus avoir quelques-uns qui se comportent comme des seigneurs de la finance et qui ne comprennent pas que le système actuel ne peut plus durer ». Car l’opinion publique a du mal à accepter que certains dirigeants perçoivent des rémunérations qui dépassent l’entendement alors que les licenciements et les plans de chômage partiels pleuvent. Aux États-Unis, poussé par la colère du contribuable, le Congrès pourrait d’ailleurs adopter une taxation de 70 % à 90 % des bonus dans les entreprises renflouées par l’État. En France, Matignon a demandé au Medef de définir, d’ici à la fin du mois,
un dispositif concret pour inciter ceux qui licencient à renoncer à leurs bonus. Lundi, Laurence Parisot, la patronne des patrons, a promis une réponse « dans la semaine ».

 

Source : Le Point

 



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