François Hollande, l’heure de vérité

Le candidat socialiste, en l’espace de quelques jours, doit surprendre les Français en faisant preuve à la fois de charisme, de crédibilité et de pugnacité. Du charisme, ce mélange rare d’autorité et de proximité, il a l’occasion d’en montrer enfin lors de son premier grand meeting de campagne, au Bourget, dimanche 22 janvier. L’élu de Corrèze compte sur cette réunion publique, comme sur les suivantes, pour établir un lien particulier avec ses concitoyens. Sur un mode tour à tour intimiste et solennel, il replacera son parcours dans celui de la gauche et du pays.

Ce leader si pudique et rationnel saura-t-il se hisser au-dessus de lui-même, fendre l’armure, comme avait dit Lionel Jospin, et trouver le ton personnel qui manque encore au candidat « normal » ? Il se dit déterminé à relever ce défi-là, fût-ce au prix d’une dramaturgie qui ne lui est pas familière. L’homme raisonnable devra s’effacer devant le chef habité. Deuxième preuve à fournir, celle de la crédibilité. Ce sera pour jeudi prochain, au matin de son intervention télévisée sur France 2, lors de l’émission « Des paroles et des actes ». Seront alors dévoilées ses principales propositions. Fini, les cafouillages, bonjour, les commentaires !

L’époque copain, c’était hier

La droite se ruera sur les mesures tant attendues et ne manquera pas de les trouver soit pusillanimes soit dispendieuses, le tout étant inévitablement considéré comme irresponsable. Les observateurs, comme l’on dit, jugeront de la cohérence de l’ensemble et de sa compatibilité avec l’état des finances publiques. Le candidat soulignera bien sûr que son action sera plus juste et plus efficace que celle du président sortant. L’opinion, via les sondages, tranchera : le Corrézien sera-t-il sorti du « flou » en mettant les Français de son côté ? Enfin, le soir, il devra faire preuve de pugnacité. Non seulement face aux journalistes, exercice auquel il est bien rodé, mais face à Alain Juppé, qui sera son contradicteur politique.

L’ancien Premier ministre, en bon élève, sera ferré à blanc. Il pourra même se prendre, l’espace d’une demi-heure, pour le vrai challenger du socialiste, rôle dont il a toujours rêvé et a été privé. Autant dire qu’il aura à coeur de se montrer performant, quitte à donner des remords à la majorité de ne pas lui avoir confié la mission de la représenter au scrutin suprême. Rude affaire, donc, pour le champion de la gauche. S’il se sort bien de cette séquence à trois volets, il aura peut-être fait le plus dur. Certes, les électeurs n’attendent plus un super héros, un Zorro mirobolant, un marchand d’illusions, mais au moins un père de la nation. L’époque copain, c’était hier. L’ère président, ce sera, peut-être, demain.

Le Point Sylvie Pierre-Brossolette



La TVA sociale est-elle une réussite au Danemark ?

Le gouvernement veut faire passer la TVA sociale avant la présidentielle. La réforme sera proposée aux syndicats au sommet social du 18 janvier. C’est ce qu’a confirmé mardi Valérie Pécresse, la ministre du Budget. Un pays en Europe a appliqué cette mesure, le Danemark, qui a introduit la TVA sociale en 1987.

La TVA, à l’époque, est passée de 22 à 25 %. Dans le même temps, les charges sociales qui pesaient sur les entreprises ont quasiment disparues. Principal avantage : la relance des exportations. La balance commerciale, historiquement négative, est repassée dans le vert. Le Danemark a gagné, d’un coup, en compétitivité malgré un niveau de salaire très élevé.

L’autre conséquence, en revanche, a été la hausse des prix (4 à 5 % d’inflation), le recul de la consommation et la hausse temporaire du chômage : l’économie danoise a mis plusieurs années à retrouver son point d’équilibre. Ensuite, à partir des années 92-93, ça a été le boom avec la croissance et le plein emploi.

La TVA sociale : un élément parmi d’autres

Mais la TVA sociale n’est qu’un élément de ce succès : elle a été accompagnée à l’époque d’une baisse des dépenses de l’Etat, d’une politique forte pour la formation professionnelle, d’un consensus social pour limiter les hausses de salaires et d’une fiscalité avec plus de progressivité dans l’impôt sur le revenu qu’en France.



TVA sociale : le projet décrypté

Lors de sa conférence de presse mensuelle, mardi matin, Laurence Parisot a présenté le schéma retenu par son organisation  pour  réformer le financement de la protection sociale. Au programme : une baisse importante des cotisations des salariés et des employeurs, moyennant une hausse combinée de la TVA et de la CSG. Un scénario qui implique de gros transferts financiers.

Dans son scénario le moins ambitieux, et à prélèvements constants, le Medef propose de transférer près de 23 milliards d’euros des cotisations patronales vers la TVA. Le taux normal, notamment, passerait de 19,6 % à 22 %.

Objectif : réduire nettement les charges patronales sur les salaires pour restaurer la compétitivité-prix des produits français. L’Allemagne a emprunté cette voie, avant de revenir à un taux de 19%.

Parallèlement, l’organisation patronale propose de transférer près de 8 milliards d’euros de cotisations salariales vers la CSG, qui progresserait de 0,75 points.

Objectif : une hausse des salaires nets et une réfonte des allègements de charges sur les bas salaires. Une mesure financée par une CSG plus élevée, mais à l’assiette plus large que les salaires, puisque les retraités, les chômeurs et tous les détenteurs de capitaux la payent.



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Du pouvoir d’achat ?